Comme d’autres régions dans le monde, le Québec est frappé de plus en plus régulièrement par des temps chauds. Cependant, moins de la moitié des chambres des CHSLD sont dotées de climatisation. Un risque considérable pour la santé des bénéficiaires?
Selon une récente enquête de l’Association québécoise des retraités des secteurs publics (AQRP) et parapublics, seulement 45,9% des chambres des établissements de soins de longue durée sont climatisées. Une augmentation de 2,5% par rapport à l’an dernier.
Le président provincial de l’AQRP, Paul-René Roy, a dit «saluer» cette hausse du nombre de chambres climatisées dans les établissements de type CHSLD, mais a ajouté qu’il était «grand temps que l’ensemble de ces chambres soient munies de climatiseurs».
«Les vagues de chaleur de 2019 et de 2020 ont, pour leur part, causé respectivement la mort de 17 et de 21 personnes», conclut l’étude.
Rappelons que par temps chauds, le risque de déshydratation chez les aînés est beaucoup plus élevé que chez les jeunes et les adultes.
À l’été 2003 en France, les chaleurs intenses ont causé la mort d’environ 20 000 personnes, parmi lesquelles une grande majorité de personnes âgées.
Des climatiseurs impossibles à installer
Le 19 juillet dernier, la ministre provinciale des Aînés, Marguerite Blais, a annoncé que des climatiseurs étaient disponibles pour tous les résidents. Si un bénéficiaire veut un climatiseur dans sa chambre, il serait censé avoir accès à ce service sans frais supplémentaires.
C’est une directive que la ministre Blais a donné aux établissements concernés. Mais selon Jean Bottari, ancien préposé aux bénéficiaires et spécialiste des soins aux aînés, cette mesure ne va pas régler le problème.
«Je crois que cela serait quasiment impossible de mettre en place une telle directive, car si tous les résidents demandaient la climatisation, on ne pourrait pas en installer dans les établissements vétustes. Dans ces endroits, l’électricité ne serait pas suffisante pour installer des systèmes d’air climatisé dans toutes les chambres», explique-t-il en entrevue avec Libre Média.
Selon lui, la solution à ce problème passe par la rénovation des vieux bâtiments. «Le ministère va amorcer la rénovation de 23 CHSLD, c’est sûr que cela va aider», précise-t-il.
Le ministère devrait installer l’air climatisé dans toutes les chambres des CHSLD pour que la mesure soit réellement bénéfique. Le ministère de la Santé rappelle que tous les CHSLD du Québec disposent d'une aire commune climatisée, cependant, tous les résidents n’ont pas la capacité de s’y déplacer sans assistance.
«C’est le résident qui décidera s’il veut ou non la climatisation dans sa chambre. Cela serait une mesure simple à appliquer, mais c’est trop simple pour le gouvernement!», tacle notre interlocuteur.
La population indifférente?
Jean Bottari pointe l’indifférence de la population face à ce problème pour expliquer l’inertie du gouvernement québécois dans ce dossier: «Je crois qu’il n’y a pas assez de pression populaire. Si les gens dénonçaient plus cette situation, le gouvernement agirait rapidement afin de résoudre cette impasse».
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De son côté, Paul Brunet, le DPG du Conseil pour la protection des malades, considère que le fait de ne pas offrir de climatisation par temps chauds représente une forme de maltraitance envers les résidents des CHSLD.
«Nous sommes d’avis que de négliger, d’omettre ou de refuser d’aller voir un résident pour lui fournir la climatisation ou la ventilation dont il a besoin n’est pas acceptable», a-t-il déclaré au Devoir, le 20 juillet dernier.
Jean Botarri partage le constat de Paul Brunet. «Il y a de la maltraitance tous les jours dans les CHSLD: par exemple, le fait de se faire laver à 5 heures du matin dans son lit ou d’être obligé de se coucher à six heures le soir. Ce ne sont pas des milieux de vie tels qu’on les appelle», déplore-t-il.
Il estime donc que le fait de ne pas fournir de climatiseurs aux résidents des CHSLD peut représenter une forme de maltraitance. «Les personnes qui ont des problèmes respiratoires auraient besoin de l’air climatisé pour mieux supporter la chaleur accablante», constate-t-il.











