Alain Bezançon dénonce l’effritement de la liberté dans le monde au profit de nouveaux modèles de contrôle social qui ont été testés par nombre d’États durant la pandémie de Covid-19.
L’horizon de notre avenir collectif semble s’assombrir chaque jour davantage. L’effondrement de notre civilisation, marquée par les ruptures systémiques en cascade, comme prédit par les collapsologues, apparaît inévitable. Épidémies, guerres, pénuries et catastrophes naturelles alimentent un flot continu de nouvelles alarmantes.
Qu’il s’agisse d’environnement, d’économie, de démographie, de gestion des ressources naturelles ou encore de systèmes financiers, nous sommes confrontés à des défis existentiels dont l’ampleur donne le vertige des profondeurs abyssales.
Il serait minuit moins une à la grande horloge de la fin des temps.
L’anthropocène, l’ère de l’Humain, verra-t-elle disparaître l’Homo Sapiens de la surface de la Terre?
Biopouvoir et crédit social
Pour une partie de l’humanité, fortement représentée par la caste des possédants de la majorité des richesses mondiales, la fin de l’homme moderne et libre est bel et bien une solution. Pour elle, la gestion de l’effondrement passe par le contrôle des populations et la centralisation de l’administration des ressources via des institutions transnationales.
Mais aussi par le contrôle des sociétés à travers l’instauration du crédit social et la maîtrise du vivant (humain, animal et végétal) grâce à la science érigée en véritable dogme comme la crise de la Covid nous en a donné un triste aperçu.
Le transhumanisme, la société de surveillance et la gouvernance mondiale sont des projets dont la mise en œuvre est accélérée à l’occasion des crises majeures et qui sont portés par des institutions internationales comme le Forum Économique Mondial ou l’Organisation mondiale de la santé.
Ces entités dont les décideurs ne sont pas issus d’un processus démocratique et dont les financements sont souvent d’origines privées agissent avec un pouvoir accru se substituant de plus en plus à la souveraineté des États.
En suivant cette voie, nous assisterons bien à la fin de l’Homo Sapiens, non pas à sa disparition brutale, mais plutôt à son «évolution» vers un organisme génétiquement modifié, hybride, augmenté et connecté avec la machine.
Gouvernance technocratique et contrôle social accru
La gouvernance technocratique qui a dominé la gestion de la crise sanitaire dans les pays occidentaux illustre bien la transparence et la bienveillance désintéressée dont elle est capable.
Le système dit communiste en Chine est le modèle plus ou moins avoué vers lequel tend la gouvernance financière mondiale. C’est l’établissement d’un nouveau contrat social où la liberté est sacrifiée au profit de la sécurité physique aujourd’hui, alimentaire et énergétique demain.
Avec ce modèle, il n’y pas de place pour la souveraineté qu’elle soit nationale ou individuelle. Un homme nouveau conçu pour une société algorithmique doit voir le jour selon une planification qui n’est pas sans rappeler les grandes dystopies d’Hitler, de Staline ou de Mao.
Par conformisme, par ignorance ou par peur du vide, c’est la voie dans laquelle semblent s’engager les masses désenchantées, passivement ou avec résignation.
Pour une autre partie de la population, minoritaire, mais dont les rangs s’élargissent de jour en jour, ce modèle est absolument inacceptable, car il représente la fin de l’humanité dans ce qu’elle a de plus sacré et de plus précieux. C’est l’aliénation totale et la soumission à des forces délétères lancées dans une course à l’autodestruction. C’est la victoire de la corruption et de la décadence d’une classe dirigeante corrompue et méprisant totalement la vie sous toutes ses formes.
Pour ce groupe, il ne s’agit pas de nier l’importance des difficultés, mais de les aborder avec une autre perspective plus respectueuse du vivant en général et de la nature humaine en particulier.
La place de l’Homme dans l’univers est envisagée avec une conscience plus vaste et malgré la noirceur de l’époque, un nouveau paradigme est envisagé de manière positive et constructive.
Bien sûr il y a tout à inventer, un futur désirable à concevoir et un Nouveau Monde à construire.
Mais c’est bien là le défi d’une vie, le choix d’un destin, l’épreuve suprême de notre humanité à la croisée des chemins.













