Alors que des groupes LGBT veulent faire annuler la directive sur l’incarcération selon le sexe biologique, le Réseau féministe québécois presse Québec de maintenir le cap au nom de la sécurité des détenues.
Le 5 juin dernier, le Conseil québécois LGBT et l’organisme Juritrans annonçaient être en pourparlers avec le gouvernement du Québec afin de faire annuler la directive qui prévoit que les personnes détenues dans les prisons provinciales soient désormais incarcérées selon leur sexe biologique.
Cette annonce a inquiété notre organisme, le Réseau féministe québécois, qui avait accueilli très favorablement cette mesure annoncée il y a près d'un an.
Il y a presque un an jour pour jour, le ministre de la Sécurité publique qui était François Bonnardel, annonçait que toute personne détenue dans les prisons provinciales devrait désormais être incarcérée selon son sexe biologique.
En tant que groupe féministe universaliste, nous avions salué cette décision qui promettait une plus grande sécurité aux femmes incarcérées.
La sécurité d’abord
Nous n’affirmons pas que toute personne trans incarcérée représente une menace à la sécurité des femmes en prison, mais nous affirmons cependant que le simple fait que des personnes de sexe masculin soient incarcérées dans les prisons pour femmes peut nuire à leur sentiment de sécurité et à leur sécurité réelle, elles qui ont trop souvent subi des violences de la part d’hommes pendant leur parcours.
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Les statistiques montrent que plusieurs hommes biologiques se déclarant femmes et incarcérés avec les femmes ont un passé d’agressions et de violences physiques envers des femmes et des enfants.
Des chiffres troublants
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Parmi les détenus transgenres incarcérés dans des établissements fédéraux pour femmes, 44% ont été condamnés pour des crimes sexuels et 41% pour homicide.
Dans la majorité des cas, les victimes étaient des femmes ou des enfants. Dans ce contexte, la prudence n'est pas de la discrimination: c'est un devoir.
Le précédent Ballouz
Le Québec a également été secoué par le cas d'Al Ballouz, un meurtrier reconnu coupable du meurtre de sa conjointe et de ses deux enfants.
Ballouz a été détenu à la prison Leclerc, un établissement provincial pour femmes, après avoir affirmé posséder une identité de genre féminine. Cette déclaration est survenue en juin 2024, alors qu'il avait choisi de se représenter lui-même lors de son procès.
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Cette affaire a choqué une grande partie de la population québécoise et soulevé d'importantes questions sur les mécanismes permettant de vérifier la sincérité de telles déclarations.
Le cas Ballouz n'est pas sans rappeler celui du délinquant sexuel Jody Matthew Burke, qui affirmait lui aussi être une femme afin d'obtenir une sentence plus clémente et espérait être transféré dans un établissement pour femmes.
Des lieux sans échappatoire
Ces faits justifient la décision du ministre de ne pas imposer aux femmes incarcérées la présence d’individus de sexe masculin pouvant représenter un danger ou porter atteinte à leur sentiment de sécurité.
Les espaces communs sont souvent partagés, mais demeurent intimes, et les femmes ne peuvent s’y soustraire, comme dans les dortoirs et les douches.
Avant le retrait des hommes des prisons pour femmes, elles subissaient une imposition qui menaçait leur sécurité ainsi que leur sentiment de sécurité. De plus, lorsqu’elles ont osé s’en plaindre, elles ont été accusées de transphobie.
Une politique de protection
Le Conseil québécois LGBT a mis en demeure le gouvernement du Québec pour ce qu’il appelle une politique anti-trans. On peut comprendre qu’il défende les intérêts de ses membres.
Mais ce que nous aimerions lui rappeler, c’est que cette mesure n’est pas une politique d’exclusion des personnes trans, mais bien une mesure de protection des femmes.
Les droits des femmes et leur sécurité ne devraient jamais devenir une monnaie d'échange dans une négociation politique ou juridique.
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Que les personnes trans aient droit à des conditions de détention sécuritaires est normal, c’est justement ce que les droits humains protègent. Mais ces conditions ne doivent pas nuire aux conditions de détention d’autres groupes.
Les droits des personnes trans ne peuvent pas être gagnés ou défendus au détriment des femmes. Point à la ligne.
La sécurité des femmes n'est pas négociable. Revenir en arrière aujourd'hui en permettant à nouveau l'incarcération d'hommes biologiques dans les prisons pour femmes constituerait un recul majeur pour les droits et la sécurité des détenues québécoises.
Nous invitons donc le gouvernement à maintenir la directive actuelle et à continuer de faire de la protection des femmes une priorité.













