Lettre au ministre Bernard Drainville

Le ministre québécois Bernard Drainville. Photo: page Facebook officielle de l'actuel député de Lévis.

Mercredi le 30 août 2023, à 15:40

Les dernières révélations sur l’abandon du projet de troisième lien devraient pousser Bernard Drainville à démissionner, estime notre chroniqueur Simon Leduc.

 

Monsieur le ministre Drainville,

 

Il y a encore peu de temps, vous étiez à la barre d’une populaire émission de radio à Montréal. Vous gagniez très bien votre vie et vous n’aviez pas sur les épaules la pression que votre fonction emmène et la charge de travail qu’elle exige. 

 

En août 2022, vous avez décidé de refaire le saut en politique provinciale sous la bannière de la Coalition Avenir Québec. Vous vous êtes présenté dans le comté de Lévis. Votre retour en politique pouvait s’expliquer en bonne partie par votre volonté de défendre et de promouvoir le projet de troisième lien entre Québec et Lévis. 

 

Comme une majorité de citoyens dans la région, vous pensiez que la construction d’un tel lien autoroutier était nécessaire afin de régler le problème de la congestion routière. 

 

La vétusté des deux autres ponts de Québec et la hausse de la démographie étaient les deux arguments en faveur de ce projet. Le premier ministre François Legault vous avait assuré que son gouvernement le mettrait en branle après la réélection de la CAQ. 

 

Escroquerie 

 

De ce fait, vous avez défendu activement le troisième lien durant toute la campagne électorale. Vous avez clamé sur toutes les tribunes qu’il était indispensable. Les électeurs ont pu constater qu’il vous tenait à cœur. Le soir de l’élection, vous avez été élu député de Lévis et votre nouvelle formation politique a obtenu un mandat fort des électeurs du Québec. 

 

Or, en mai dernier, le premier ministre du Québec a renié sa promesse. Il a lâchement annoncé l’abandon du projet de troisième lien en évoquant un argument bidon: la baisse de l’achalandage sur les deux ponts de Québec en raison du télétravail. 

 

Vous avez été trahi par votre patron. Il vous a menti en pleine face et a renié sa promesse. Vous auriez pu démissionner et retourner dans le monde des médias. Mais, vous avez décidé de rester en poste et de continuer votre travail de ministre de l’Éducation. 

 

Vous vous êtes sûrement posé cette question: quand la décision d’abandonner le projet de troisième lien a-t-elle été prise?  

 

Des sommets d’hypocrisie 

 

On a appris récemment que François Legault avait fait campagne pour le troisième lien en n’ayant aucunement l’intention de respecter sa promesse. Il a fait ce geste cynique afin d’empêcher les conservateurs d’Éric Duhaime de faire élire des députés dans la grande région de Québec. Le stratagème a bien fonctionné. Les gens de Québec se sont fait flouer par ce gouvernement. Vous avez été floué par votre propre patron.

 

Le candidat du PQ à l’élection partielle dans Jean-Talon, Pascal Paradis, voulait se présenter pour la CAQ lors du dernier scrutin général. Ce dernier était contre le troisième lien et il a demandé à la directrice générale de la CAQ, Brigitte Legault, quelles étaient les intentions de son parti dans ce dossier. 

 

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Dans un échange de messages textes relayé dans la presse, Brigitte Legault a dit: «En bref, éviter de faire trop de vagues pendant la campagne parce que c’est une promesse, mais consciente que le projet actuel ne pourra être réalisé. Marchand est contre, le fédéral est contre. Donc, après les élections, j’aurais de la marge pour proposer un nouveau projet.»

 

Cela prouve que François Legault n’avait aucunement l’intention de réaliser ce projet. 

 

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Vous êtes sans doute dévasté par la tournure des événements. Vous avez fait campagne sur un mensonge. La garde rapprochée de M. Legault vous a utilisé. Elle avait besoin d’un candidat vedette et vous êtes tombé dans le piège. 

 

Je vous invite à vous tenir debout et à démissionner de votre poste de ministre de l’Éducation et de député de Lévis. Un tel geste de votre part prouverait que vous êtes un homme droit et honorable. Allez-vous agir? La balle est dans votre camp M. Drainville.