L’ère des crises préventives perpétuelles

Le premier ministre québécois François Legault et le président français Emmanuel Macron le 19 novembre 2022 au sommet de la francophonie à Djerba, en Tunisie. Photo: page Facebook de François Legault.

Mercredi le 11 janvier 2023, à 13:30

En plus d’être incapable d’offrir un médecin à tous les citoyens, l’État québécois est devenu un monstre bureaucratique qui crée lui-même des crises en disant vouloir ainsi parer à d’autres éventuelles et hypothétiques crises.

 

L’état d’esprit des élus et (supposés) commis de l’État a énormément évolué au cours des dernières décennies. Et assurément, le mot évolution ne garantit pas une transformation optimale.

 

En quelques décennies, nous sommes passés d’un État incapable d’assurer de bons soins de santé et un bon système d'éducation à l’ensemble de la population à un Léviathan pointilleux qui crée des crises en disant vouloir ainsi parer à d’autres éventuelles et hypothétiques crises.

 

J’ai déjà dit que le nouveau sport national, après le lever de la pancarte et la victimisation, était de s’inventer des peurs comme des gamins dans une cour d’école. À gauche comme à droite.

 

Mais le sport national a maintenant été adopté comme procédure gouvernementale. Cette habitude devenue une véritable tare se fraie un chemin toujours davantage dans l’esprit collectif québécois. Ce qui accélère notre déclin.

 

Pour tuer le virus: le feu

 

La gestion du dernier virus respiratoire apparu caractérise parfaitement cet état d’esprit. Au nom de la prévention d’un supposé cataclysme automatiquement accepté comme tel, les gouvernements, et le Québec bien plus que la moyenne, prennent d’innombrables décisions aux conséquences nocives incalculables.

 

Mais, bien que cela soit l’un des exemples les plus probants de cette tendance que j’appellerais l’empressement bienveillant toxique, assez d’encre a coulé sur le dossier et plusieurs se cantonnent dans des positions bétonnées.

 

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Amenons donc deux autres exemples susceptibles de faire comprendre le problème et de générer des solutions efficaces.

 

La sobriété préventive

 

Ainsi, le superministre de la CAQ, Pierre Fitzgibbon, a annoncé nonchalamment cet automne que nous devrions probablement désormais vivre dans des maisons humides en hiver et être forcés à effectuer certaines tâches ménagères à des heures décidées par des fonctionnaires.

 

Le tout pour, selon ce grand talent, éviter que nous manquions d’énergie collectivement et que nous devions éventuellement agir en vue d’augmenter la production…

 

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En résumé, comme nous pourrions peut-être manquer d’énergie plus tard: manquons en maintenant! Une logique tragicomique.

 

D’autant plus que cette soif de sobriété énergétique arrive peu après la popularisation de ce thème en France. Depuis l’offensive russe en l’Ukraine, le manque d’énergie est un véritable problème en France. Dans le cas du Québec, il y a deux ans, on nous vantait les avantages de vendre nos grands surplus pour presque rien à l’État de New York!

 

Quoique, en regardant de plus près le cas de la France: leur pénurie actuelle est également auto-infligée. Si les gouvernements français n’avaient pas fermé autant de centrales nucléaires en prévention d’un hypothétique cataclysme, la crise énergétique actuelle n’existerait pas!

 

D’autant plus que, pour prévenir une attaque russe, le gouvernement français a généré une autre crise, après s’être rendu dépendant de son gaz… Mais c’est un autre dossier.

 

Pour éviter la radicalisation: la censure

 

Nous avons vu récemment l’une des plus belles avancées de l’histoire de l’humanité reculer substantiellement pour des raisons similaires.

 

La liberté d’expression, depuis son avènement et sa consécration, n’a jamais connu de si viles attaques que présentement. Tout cela en vue de prévenir des actions extrémistes violentes, si l’on en croit ses détracteurs les plus vocaux.

 

Pourtant, la démarche est inefficace, sinon contre-productive. En effet, la censure ne fait taire personne: elle confine seulement les gens dans des plateformes ou le challenge et la contre-argumentation seront absents. Et où les âmes impressionnables seront, bien plus qu’autrement, susceptibles de devenir des proies faciles à … une radicalisation rapide et intense.

 

Mais l’establishment ne veut pas le comprendre: ne pas agir contre lesdits «discours haineux» est perçu par lui comme de l’inaction irresponsable.

 

Pourtant, l’irresponsabilité est plutôt de s’être si peu instruit sur les vertus de la retenue alors qu’on se trouve en position de pouvoir.

 

La liste pourrait s’allonger sur des pages et des pages. Il faut donc espérer un retour du balancier et à l’ordre des choses. Car les principes fondamentaux qui nous ont permis tant d’avancées, et une radicale diminution de la violence dans les sociétés, sont en jeu.