Le président mexicain fera-t-il dérailler le Sommet des Amériques?

Le président cubain Miguel Diaz Canel (à gauche) et son homologue mexicain Andrés Manuel López Obrador au Palais de la Révolution à La Havane, le 8 mai 2022. Photo: Yamil Lage pour l’AFP.

Dimanche le 29 mai 2022, à 19:35

Pour le moment absent des médias québécois, le neuvième Sommet des Amériques se tiendra du 6 au 10 juin prochain à Los Angeles, dans un contexte de nouvelles tensions opposant Washington à des États latino-américains. 

 
Le prochain Sommet des Amériques pourrait se heurter à un mur, puisque le président du Mexique – la deuxième économie d’Amérique latine – menace de boycotter la rencontre.  

Le président mexicain, Andrés Manuel López Obrador, a averti à plusieurs reprises qu’il ne se rendrait pas dans la Cité des anges si Washington restait sur sa position de ne pas accueillir les délégations de Cuba, du Venezuela et du Nicaragua. 
 
Une délégation mexicaine pourrait toutefois se rendre à l’événement en l’absence du président de gauche, connu pour ses positions en faveur de la «décolonisation».

Le Sommet des Amériques ou des «Amis de l’Amérique»? 

 
«Le Mexique va participer, mais si tous les pays n’y sont pas invités, je n'y participerai pas. […] N'excluez pas. Est-ce que ce sera le Sommet des Amériques ou est-ce que ce sera le Sommet des Amis de l'Amérique?», a ironisé le chef de l’État mexicain, le 27 mai dernier.

Le président Joe Biden refuse toujours d’accueillir au Sommet les délégations de Cuba, du Venezuela et du Nicaragua dont il juge les gouvernements non conformes au jeu démocratique.  

Le 26 mai dernier, quinze élus démocrates de la Chambre des représentants ont demandé à Joe Biden de reconsidérer l'exclusion de Cuba, du Nicaragua et du Venezuela en faisant valoir que cette décision pourrait nuire aux intérêts américains dans la région.

Décision controversée de Washington 

 

D'autres gouvernements latino-américains participants comme ceux de l'Argentine, du Chili et du Honduras ont aussi prié Joe Biden de n’exclure aucun État.

Le Sommet des Amériques est censé réunir les chefs d'État et de gouvernement de tous les pays des Amériques pour discuter des enjeux qui touchent directement le continent. Pour l’édition de cette année, la crise migratoire et l'inflation pourraient occuper une place centrale dans les discussions. 

Justin Trudeau, le premier ministre canadien, est attendu à l’événement. 
 
En 2001 dans la ville de Québec, le Sommet des Amériques avait donné lieu à d’importants affrontements entre des manifestants altermondialistes et les forces de l’ordre. L’un des thèmes phares de la rencontre avait été l’établissement de la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA), un projet finalement abandonné en 2009.