Le naufrage de la CAQ

Le premier ministre du Québec François Legaultl donne un point de presse accompagné des ministres Caroline Proulx et François Bonnarde, le 16 août 2024. Photo: page Facebook officielle du premier ministre Legault.

Lundi le 16 septembre 2024, à 19:55

Pour notre journaliste et chroniqueur Simon Leduc, la CAQ est en train de faire naufrage et dans ce contexte il n’est pas impossible d’assister à son effondrement aux élections générales de 2026.

 

Depuis sa réélection en octobre 2022, le gouvernement Legault est en grande difficulté. Le Parti québécois occupe maintenant la pole position dans les sondages. Une odeur de fin de régime plane déjà au Québec. 

 

Pourtant, la CAQ a remporté le dernier scrutin avec une écrasante majorité parlementaire. On pensait que cette dernière régnerait en maître sur le paysage politique québécoise comme l’Union nationale entre 1944 et 1960. 

 

Comment expliquer la descente aux effets des troupes de François Legault? 

 

Le parti de l’intégrité, vraiment?

 

Lors de la campagne électorale de 2018, la CAQ clamait haut et fort que le régime libéral était corrompu et peu intègre. François Legault promettait aux Québécois un gouvernement honnête et transparent. Malheureusement, ce n’était qu’un écran de fumée. 

 

Le nouveau gouvernement est rapidement devenu comme les autres. Il a procédé à des nominations partisanes afin de récompenser les amis du régime.

 

Par exemple, en octobre 2023, l’ex-député de la CAQ Stéphane Le Bouyonnec a été nommé sous-ministre au ministère de la Cybersécurité et du Numérique. 

 

En septembre 2020, Denis Dolbec est devenu régisseur et président de la Régie des alcools. Auparavant, celui-ci a été chef de cabinet du ministre des Finances Éric Girard. Ce sont seulement deux exemples qui démontrent que ce gouvernement fait de la politique comme ses prédécesseurs.

 

Pour la CAQ, l’intégrité n’est pas une vertu ni une valeur. 

 

Des promesses brisées 

 

D’autre part, lorsqu’elle était dans l’opposition, la CAQ remettait en question le modèle québécois et dénonçait l’inefficacité de la social-démocratie québécoise. Lors du scrutin de 2018, elle se présentait comme un parti réformateur qui allait nous permettre d’être plus riches et prospères collectivement.

 

Encore une fois, ce n’était que des belles paroles et les Québécois ont été déçus par la gouvernance de la CAQ. Retournant sa veste, la jeune formation a maintenu en vie un modèle en ruines et a contribué à l’engraissement de l’État québécois qui était déjà obèse. 

 

Aujourd’hui, la machine bureaucratique est hors de contrôle et il sera presque impossible de l’arrêter, une réalité qui a motivé le récent départ de Youri Chassin du caucus. Déçu de constater que François Legault était un premier ministre du statu quo et non pas de changement, celui que l’on décrit comme un «libertarien» a claqué la porte. 

 

La CAQ était aussi censée être le parti de l’économie et des finances publiques. Or, le gouvernement Legault est un des plus dépensiers de l’histoire moderne. Cette année, il a présenté le budget le plus déficitaire de l’histoire du Québec avec ses 11 milliards de dollars à combler.

 

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Les nombreuses promesses que ce gouvernement n’a pas respectées témoignent de son mépris des électeurs: la construction d’un troisième lien autoroutier à Québec, la baisse des seuils d’immigration, l’allègement de la bureaucratie, etc.

 

Une débâcle irréversible?

 

Depuis sa réélection, le gouvernement Legault a perdu quatre députés. Tout d’abord, Joëlle Boutin a quitté précipitamment la CAQ pour aboutir en un éclair à LCN, choquée de ne pas avoir été nommée ministre. Puis la CAQ a subi un revers humiliant aux mains du PQ lors de la partielle de Jean-Talon.

 

Ensuite, François Legault a perdu son Whip Éric Lefebvre qui a décidé de se présenter pour le Parti conservateur du Canada. 

 

La semaine dernière, le premier ministre a perdu le poids lourd économique de son gouvernement, Pierre Fitzgibbon pour des raisons qui restent obscures. Youri Chassin est le dernier en lice à s’affranchir de ce parti bancal. 

 

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Le paquebot caquiste est en train de faire naufrage. Son capitaine est en train de perdre le contrôle de son équipage. Je suis convaincu que d’autres députés vont eux aussi déserter dans les prochaines semaines. 

 

Il resterait à déterminer combien de temps François Legault pourra rester en poste dans ce contexte. Les paris sont ouverts. Les jours s’annoncent très sombres pour la CAQ, car aucun potentiel candidat ne semble assez solide et prometteur pour remplacer le chef fondateur. On risque ainsi d’être témoin de l’effondrement de la CAQ lors des élections de 2026.