Le libre-échange au secours du maïs génétiquement modifié

Trente-cinq tonnes de maïs sont déposées par des militants de Greenpeace sur la place Zocalo de Mexico pour protester contre l'ensemencement de maïs transgénique au Mexique, le 26 février 2009. Photo: Ronaldo/AFP.

Lundi le 26 décembre 2022, à 19:40

En réaction à la décision du gouvernement mexicain d’interdire le maïs transgénique en provenance des États-Unis, les producteurs américains veulent forcer Washington à le poursuivre en vertu du traité de libre-échange.

 

Il fallait s’y attendre: les producteurs américains contre-attaquent à la suite de la décision de Mexico d’interdire le maïs génétiquement modifié en provenance du pays de l’Oncle Sam. 

 

La décision s’applique seulement au maïs destiné à la consommation humaine. 

 

Action en justice

 

La National Corn Growers Association (NCGA) envisage une action en justice aux États-Unis pour obliger le gouvernement américain à porter plainte contre le Mexique pour violation des dispositions relatives à la biotechnologie de l'accord de libre-échange entre le Mexique, les États-Unis et le Canada (T-MEC).

 

La même association avertit que la décision de Mexico causera des milliards de dollars de dommages aux producteurs américains tout en faisant augmenter le prix des tortillas et d'autres produits essentiels pour les consommateurs mexicains.

 

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«Nous n’acceptons pas le maïs transgénique pour la consommation humaine», avait déclaré le président mexicain, Andrés Manuel López Obrador, au lendemain d’une rencontre avec le secrétaire américain à l’Agriculture, Tom Vilsack, le 28 novembre. 

 

«Entre la santé et le mercantilisme, nous choisissons la santé», avait ajouté le président de gauche.

 

Cultivé depuis des millénaires dans la région, le maïs est à la base de l’alimentation des Mexicains. Les tortillas, un équivalent du pain, sont consommées tous les jours, servant notamment à faire des tacos.

 

Élimination progressive

 

Le mécontentement des grands producteurs américains de maïs remonte en fait au décret du gouvernement mexicain du 31 décembre 2020.

 

Le décret prévoit une élimination progressive de l'herbicide glyphosate et habilite les autorités mexicaines à révoquer et à s'abstenir d'accorder des autorisations pour l'utilisation de maïs génétiquement modifié dans l'alimentation, jusqu'à son remplacement complet, au plus tard le 31 janvier 2024.

 

«Il s'agit d'une violation manifeste du T-MEC, et nous demandons à l’instant au Bureau du représentant commercial des États-Unis de mettre en place un groupe d'arbitrage», a déclaré au journal La Jornada Angus Kelly, directeur des politiques publiques de la NCGA. L’association représente environ 300 000 agriculteurs aux États-Unis.