L’apocalypse sanitaire et le triomphe de la peur

Photo: AFP.

Jeudi le 12 septembre 2024, à 08:30

L’expérience covidienne a montré à quel point nos droits et libertés étaient fragiles devant la peur. Un texte du président du Centre juridique pour les libertés constitutionnelles, John Carpay, qui prendra part le 7 octobre à une rencontre à Québec.

 

Peu avant le début du confinement en mars 2020, le Dr Neil Ferguson, de l'Imperial College de Londres, a prédit que la Covid entraînerait 510.000 décès en Grande-Bretagne avant la mi-avril, 2,2 millions de morts aux États-Unis et 40 millions de décès dans le monde entier au cours des 12 mois suivants. 

 

Il a comparé la Covid-19 à la grippe espagnole de 1918, qui a tué entre 20 et 100 millions de personnes dans le monde entre 1918 et 1920.

 

Contrairement à la Covid-19, la grippe espagnole a tué des dizaines de millions de jeunes adultes en bonne santé et a eu un impact significatif sur la mortalité à une époque où la population mondiale était quatre fois plus faible qu’aujourd’hui. 

 

La grippe espagnole aurait tué entre 1 et 5% de la population mondiale. Pour que la Covid soit aussi létale, toutes proportions gardées il aurait fallu qu'elle tue entre 80 et 400 millions de décès dans le monde, dont un grand nombre d'adultes jeunes ou dans la fleur de l’âge.

 

Contrairement aux propos alarmistes de Ferguson, le nombre de victimes de la Covid n'a représenté qu'une infime fraction de celui de la grippe espagnole de 1918.

 

Comparer cette maladie à la grippe espagnole, comme l'ont fait le premier ministre de l'Alberta Jason Kenney et d'autres politiciens, est intellectuellement malhonnête.

 

Les inexactitudes du Dr Ferguson sont flagrantes et connues depuis des décennies. Par exemple, en 2005, il avait annoncé que la grippe aviaire était... (vous l'avez deviné!) semblable à la grippe espagnole de 1918 et qu'elle tuerait probablement 200 millions de personnes à travers le monde. 

 

Il s'est avéré que 43 personnes sont mortes de la grippe aviaire en 2005, et que 384 autres sont décédées au cours des 20 années suivantes. Comparez les chiffres de 43 et 384 morts avec la prédiction du Dr Ferguson de 200 000 000 (deux cents millions!) de morts et jugez par vous-même s’il s’agit d’un expert à prendre au sérieux.

 

Guerre cognitive 

 

Dès les mois d'avril et de mai 2020, plus aucun fait ne permettait de continuer à croire aux démentes exagérations du Dr Ferguson.

 

Et pourtant, la plupart des politiciens, médecins, avocats, juges, journalistes et universitaires ont continué à croire les affirmations farfelues et facilement démenties du Dr Ferguson jusqu’à la fin de l’application des mesures sanitaires.

 

La peur de la Covid a servi de prétexte, de justification et de légitimation à la violation des libertés d'association, d'expression, de conscience, de religion, de réunion pacifique, de mobilité et d'autonomie corporelle garanties par la Charte. 

 

 

 

 

Ces confinements (et plus tard les passeports vaccinaux) ont infligé à notre économie, à notre société et à notre bien-être physique, psychologique et spirituel des dommages énormes, qui sont encore mal mesurés.

 

Évidemment, quiconque ayant osé critiquer les prédictions alarmistes du Dr Ferguson s’est rapidement fait taxer de désinformateur, conspirationniste ou «d’antivax».

 

L'exagération est une forme de mensonge. Les mensonges ne devraient jamais constituer le fondement d'une loi, d'une politique ou d'un décret sanitaire. Comment le Dr. Ferguson a-t-il pu s'emparer de tant d'esprits, et pendant si longtemps?

 

La peur s'est enracinée dans les esprits par exposition répétée à des images effrayantes relayées par les médias. Les humains sont visuels et émotifs; les images de souffrance et de mort suscitent des réactions beaucoup plus vives que les descriptions textuelles. 

 

Les photos d'enfants affamés permettent de recueillir plus de dons pour les œuvres de charité que les mots imprimés sur une page, même s’ils sont éloquents. La vidéo d'un bébé phoque abattu à coups de gourdin a un impact beaucoup plus fort sur l’esprit que n’importe quelle description d’une telle scène. Il en va de même pour les images d'accident de voiture. 

 

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Imaginez l'impact si les médias mettaient de l’avant les images des victimes d'accidents de voiture qui se produisent quotidiennement comme les images liées à la Covid; cela susciterait la peur de conduire.

 

Ainsi, l'exposition constante à des images a suscité la peur, ce qui a façonné l'opinion publique en la rendant favorable au confinement.

 

Les faits, les données concrètes et la vérité ne peuvent pas rivaliser avec des photos et des vidéos de personnes malades, mourantes ou décédées présentées 24 heures sur 24 par les médias. Répétées à l'envi pendant des mois, puis des années, ces vidéos et ces photos ont très efficacement entretenu la peur à grande échelle.

 

En plus d'être émus par les images, les gens ont tendance à croire les messages émis de manière répétée. Ce principe de propagande a été souvent employé par les hommes politiques pour gagner les élections, comme par les entreprises pour vendre leurs produits. Pour le meilleur et pour le pire, cela fonctionne.

 

Une fois que la peur a pris racine dans les esprits, la pensée critique disparaît largement et le discours rationnel devient difficile, voire impossible.

 

Les personnes effrayées ne pensent tout simplement pas clairement, ne raisonnent pas logiquement et ne débattent pas honnêtement. 

 

La peur qui a été déclenchée en 2020, puis entretenue pendant les trois années suivantes par les politiciens et les médias de l'establishment, explique en grande partie pourquoi tant de personnes intelligentes ont adhéré aux affirmations manifestement fausses du Dr Ferguson.

 

Corrompus par la peur

 

Corrompus par la peur, les gouvernements du monde entier ont violé la liberté des citoyens de s'associer, de se réunir, de se déplacer, de voyager, de travailler, de pratiquer leur religion et d'exprimer leurs opinions. 

 

Les gouvernements ont causé des dommages considérables aux économies, infligeant ainsi d'énormes souffrances et difficultés à des milliards de personnes, en particulier aux populations vulnérables des pays du tiers-monde, qui vivaient déjà au jour le jour, même dans les périodes les plus favorables. 

 

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Après l'imposition et la suppression répétées de diverses politiques de verrouillage en 2020 et 2021, les gouvernements ont commencé à faire pression et à contraindre des centaines de millions de personnes de se faire injecter un tout nouveau vaccin pour lequel il n'existait aucune donnée de sécurité à long terme. 

 

Tel était le pouvoir de la peur, bien qu'elle soit fondée sur des affirmations déjà été discréditées au début de l'année 2020.

 

En somme, «l’apocalypse Covid» aura vu la peur triompher sur les faits. Des projections grossièrement exagérées ont stimulé la peur dans le cœur des gens, ont conduit à des politiques de confinement qui ont violé les droits et les libertés des Canadiens et ont eu des conséquences désastreuses pour l'économie et la société dans son ensemble. 

 

L'expérience canadienne du confinement révèle à quel point nos droits et libertés sont vulnérables lorsque la peur se généralise. Il est crucial que les politiques gouvernementales se fondent sur des données exactes et un discours rationnel.