Ce n’est pas la première fois qu’un palier de gouvernement essaie d’intimider Radio X ou l’un de ses animateurs pour tenter d’imposer dans l’espace public un seul et unique point de vue. L’éditorial de Jérôme Blanchet-Gravel.
Bruno Marchand est en forme et veut que vous le sachiez. Son alimentation est équilibrée, il mange des carottes, il n’aime pas les gros véhicules qui réduisent son espérance de vie en affectant la qualité de l’air et il est un joggeur accompli, comme en témoignent ses fameux running shoes.
Bruno Marchand est en forme et c’est important pour lui que ce soit vu et entendu, mais il reste un maire fragile et woke qui a de la difficulté à accepter que soient émis dans l’espace public des points de vue contraires au récit dominant.
Bruno Marchand accuse Dominic Maurais de l’avoir associé à la consommation de drogue, une manœuvre assez forcée qui sert à pointer du doigt un média qui tient tête à son projet de tramway.
Bruno Marchand «n’exclut rien», a-t-il dit le 18 mai dernier, envisageant de poursuivre une station qui aurait dépassé toutes «les limites morales».
La vraie question
La question n’est pas de déterminer si Radio X est une station de radio parfaite et si ses animateurs présents et passés ont toujours fait preuve en toute circonstance d’une respectabilité exemplaire. Comme tous les médias bien établis, Radio X mélange opinions sincères, intérêts et coups d’éclat pour attirer le public et générer des revenus.

En tant que société, la question est plutôt de savoir si nous voulons tolérer que des gens au pouvoir interviennent régulièrement pour tenter d’orienter le débat, que ce soit en jouant les vierges offensées comme le maire de Québec ou en intentant des poursuites contre des médias, ou les deux en même temps.
Le poids de la pandémie
Bruno Marchand marche dans les pas de son prédécesseur. On s’en souvient: en 2020, le maire Régis Labeaume a fait retirer des ondes de Radio X les publicités de la Ville pour punir la station de ne pas avoir diffusé les publicités de Québec sur les mesures sanitaires, une série de prescriptions quasi religieuses parmi lesquelles se laver les mains frénétiquement.
Une dizaine d'entreprises avaient décidé de suivre le maire dans un mouvement inédit de censure digne de la cancel culture américaine.
Triste épisode d’une pandémie sur laquelle, d’ailleurs, aucune vraie réflexion n’est menée dans le désert intellectuel que devient le Québec sans le réaliser, une situation aggravée chaque jour par l’entretien de cet unanimisme étouffant.
Hypocrisie
Bien sûr, toute une panoplie de curés médiatiques se sont jetés sur l’occasion créée artificiellement par le maire susceptible pour tenter d’achever cette station diabolisée, devenue malgré elle le symbole de la résistance populaire à l’establishment.
C’est notamment le cas de Karine Gagnon du Journal de Montréal, pour qui Dominic Maurais est «le dernier survivant de la radio poubelle» et Radio X, une station «toxique» dont toute l’existence se résume à intimider les gens avec qui elle n’est pas d’accord.
Les chroniqueurs qui ont insulté ouvertement une partie de la population pendant deux ans en relayant une propagande étatique souvent biaisée et mensongère n’ont aucune leçon à donner en matière de discours haineux et de désinformation. Je les invite à se regarder dans le miroir et à arrêter de se victimiser.











