Ukraine: la paix est la seule solution

Un participant brandit une pancarte avec une colombe de la paix aux couleurs nationales ukrainiennes lors du rassemblement du festival international de littérature «Pour votre et pour notre liberté!» à Berlin, le 6 mars 2022. Photo: John MACDOUGALL/AFP.

Jeudi le 23 février 2023, à 11:10

Pour éviter bien des souffrances, il faut espérer que les États-Unis se lassent du jusqu’au-boutisme de Zelensky et cherchent une porte de sortie qui ne soit pas seulement l’anéantissement de la Russie, chose bien peu probable.

 

Après une année d’écoulée, la guerre russo-ukrainienne ne semble pas près de s’essouffler. De passage à Kiev tout récemment, le président américain Joe Biden affiche son soutien inébranlable à l’Ukraine assiégée à l’est, injectant à nouveau un montant astronomique de 500 millions de dollars.

 

Depuis le conflit, ce sont des milliards et des milliards de dollars qui sont continuellement envoyés au gouvernement de Kiev par les forces occidentales.

 

La Guerre froide ressuscitée

 

Le conflit ukrainien pousse le monde occidental à se réunifier autour de l’OTAN – une organisation quasi ressuscitée grâce au conflit – et à prendre une position claire contre la Russie, épaulant directement l’Ukraine avec des soutiens financiers et létaux.

 

Zelensky ne semble pas favorable à un compromis. Il préférerait probablement voir le monde entier sombrer dans une guerre terrible plutôt que de concéder des portions de son territoire. Pourtant, il faudra bien finir par envisager une voie de sortie.

 

Après tout, la Russie, bien qu’affectée par les sanctions économiques, bénéficie d’un large soutien diffus du monde oriental. Paradoxalement, ce resserrement de l’Occident la pousse dans les bras de la Chine, qui est au premier plan de cette nouvelle configuration multipolaire.

 

Cherchant à afficher une posture de neutralité, Pékin doit se délecter dans l’ombre d’un tel alignement des astres. La Guerre froide est ravivée, les États-Unis occupant le premier rôle de l’approvisionnement occidental.

 

Pourtant, même aux États-Unis, il est manifeste qu’une certaine fatigue commence à se faire ressentir à l’égard de cette guerre et du soutien américain inébranlable à Kiev.

 

Le meilleur scénario ne serait-il pas d’éviter le plus de souffrance et de trouver un terrain d’entente entre les puissances ukrainienne et russe?

 

Certaines franges du peuple ukrainien, socialement hétérogène, s’identifient davantage aux forces pro-russes au point d’approuver la concession de territoires limitrophes. Zelensky ne représente donc pas de façon unanime le peuple ukrainien.

 

Du côté des Russes, il est certain qu’un tel ostracisme de la part du monde occidental ainsi qu’une conscription partielle créent un certain découragement.

 

Le messie Zelensky

 

Cette situation ne produit que des perdants. Qu’en est-il de l’Ukraine, pays réputé comme étant particulièrement corrompu? Est-il vraiment sain d’injecter systématiquement des milliards de dollars sans aucune reddition de compte?

 

Zelensky est désormais perçu comme une espèce de messie, un nouveau dogme qu’il ne faudrait surtout pas remettre en question.

 

Il est d’ailleurs plutôt comique de voir les sanitaristes développer un discours belliqueux et même militariste alors qu’ils craignaient pour leur vie dans l’espace public sans masque et passeport vaccinal. La vertu à la mode pousse à de curieuses contradictions.

 

Et le Canada dans tout ça?

 

Qu’en est-il du Canada dans ce conflit? Sa position semble ambiguë. Sorte de vassal des États-Unis en raison de sa dépendance économique envers eux, sa compromission à l’endroit de la Chine communiste rend sa position assez contradictoire.

 

En effet, que le Service canadien du renseignement de sécurité se soit senti obligé d’intervenir publiquement pour informer le public de l’ingérence chinoise dans plusieurs élections fédérales est très inquiétant.

 

Justin Trudeau n’a même pas osé démentir de telles allégations. Il s’est plutôt évertué à trouver les coupables du SCRS qui ont daigné révéler le péril chinois qui pèse, distordant le processus démocratique afin de favoriser les libéraux au pouvoir.

 

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Ce laxisme criant de Justin Trudeau soumet le Canada à une forme de confusion qui se veut particulièrement problématique si le monde entier devait sombrer dans une nouvelle guerre mondiale.

 

Le manichéisme entre l’Occident et l’Orient se veut assez clair en l’occurrence. Qu’en est-il du wokisme ainsi que de la position anti-énergie du Canada? Comment représenter une forme de puissance crédible? La vertu à tout prix s’accompagne d’une forme de décroissance inéluctable.

 

Donneur de leçon contre les autocraties, durant la crise des camionneurs, le Canada a perdu de son lustre en décrétant la loi sur les mesures de guerre à l’encontre de manifestants pacifiques. Que dire du gel des comptes bancaires de certains manifestants? De surcroit, Québec n’a pas aidé avec les ravages de l’extrémisme sanitaire causé par le gouvernement Legault.

 

Il faut donc regarder la réalité en face. Une approche utilitariste et humaniste de la situation favoriserait le moins de souffrance possible.

 

En ce moment, à la fois l’Ukraine et la Russie sont obstinées à poursuivre la lutte. Bien qu’essoufflée, la Russie garde le cap et cherche à la fois à récupérer des territoires qu’elle considère comme consubstantiels à sa civilisation. De plus, elle pourfend les valeurs occidentales identifiées comme décadentes. Du point de vue de l’Ukraine, la sauvegarde de l’intégrité territoriale semble un impératif absolu et intransigeant.

 

Cette situation semble engouffrer le monde entier dans les affres de la guerre.

 

Éviter le pire

 

Il faut espérer que les États-Unis se lassent du jusqu’au-boutisme de Zelensky et cherchent une porte de sortie concrète qui ne soit pas seulement l’anéantissement de la Russie, chose bien peu probable. Cela pourrait arriver par une prise de pouvoir des républicains ou par un renversement de Joe Biden chez les démocrates.

 

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Aussi déplaisante peut sembler l’idée de concéder des territoires à la Russie, ce n’est rien à côté d’une souffrance infinie à l’idée de millions de jeunes hommes et femmes qui perdent la vie en raison de mauvaises décisions de leurs dirigeants.

 

Parfois, il faut falloir choisir le moindre des maux. Le Canada peut très bien emprunter une ligne isolationniste. Pour le moment, seul Maxime Bernier prône une telle posture. Il est cependant à penser qu’avec le temps, cette tentation isolationniste va croître. Dans la population, personne ne veut d’une nouvelle guerre mondiale.