Pressions, culture de l'annulation et autocensure seraient devenues la norme dans le milieu du livre aux États-Unis.
Dans un article paru le 24 juillet dernier au New York Times, l’auteure, éditrice et journaliste américaine Pamela Paul déplore le déclin du milieu de l’édition aux États-Unis, selon elle longtemps considéré dans le monde comme un rempart face à la censure.
Pressions et autocensure
«Comme de nombreux rédacteurs en chef et éditeurs l'admettent officieusement, une véritable pression d'autocensure est apparue à laquelle de nombreux rédacteurs, agents et auteurs à l'esprit libéral se sentent obligés de se soumettre», constate Pamela Paul, auparavant directrice du New York Times Book Review pendant neuf ans.
Intitulé «There’s more than one way to ban a book» et également repris en espagnol dans le journal mexicain Reforma, l’article a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, son auteure étant notamment accusée de promouvoir les idées de la «droite».
Par ailleurs, l’article a aussi été salué par d’autres observateurs inquiets de l’érosion de la liberté d’expression dans un pays de plus en plus polarisé politiquement et idéologiquement.
Aux États-Unis, de plus en plus de gens du milieu de l’édition font état en privé des pressions qu’ils subissent au quotidien pour ne pas publier tel livre, susceptible d’être boudé par des librairies ou condamné sur les réseaux sociaux par des militants d’extrême gauche.
Avec l’avènement d’une gauche plus centrée sur les origines ethniques que sur l’économie, «de nombreuses histoires sur la coopération interraciale qui étaient autrefois saluées pour leurs valeurs progressistes» sont maintenant vues comme empreintes de racisme.
À gauche et à droite
La censure se ferait aussi sentir à droite, des milieux conservateurs incitant fortement des écoles et des commissions scolaires à ne pas rendre accessible des ouvrages dont la lecture ne conviendrait pas à des élèves.
Au pays de l’Oncle Sam, on sait par exemple que des élus républicains militent contre l’imposition dans les écoles de la théorie du genre et de la «culture trans».
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Selon Pamela Paul, «face à ces pressions, les éditeurs ont adopté une posture défensive, prenant des mesures préventives pour éviter la controverse et les critiques».
Ainsi, ils seraient nombreux chez les éditeurs américains à «saborder un projet pour des raisons idéologiques» avant qu’un contrat ne soit signé avec l’auteur, et dans le cas d’une publication, à «éliminer le matériel "sensible" durant le processus d’édition».













