Bilan des élections québécoises

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Photo: AFP.

Mercredi le 5 octobre 2022, à 12:50

Alors que les résultats des élections ont confirmé l’hégémonie de la CAQ, nos contributeurs explorent plusieurs questions pour comprendre les enjeux à court et moyen terme pour le Québec.  

 
Le 3 octobre dernier, la population québécoise était appelée à se prononcer sur la nouvelle composition de l’Assemblée nationale. Quelque 125 députés devaient être choisis parmi les cinq principaux partis politiques. 
 

Les résultats

 
Conformément aux sondages, la Coalition Avenir Québec est sortie grande gagnante avec 90 députés et formera le prochain gouvernement. 
 
L’Opposition officielle et non-officielle viendra essentiellement de l’Île de Montréal, dont les habitants ont élu seize députés libéraux et huit représentants de Québec Solidaire, ainsi que Paul St-Pierre Plamondon, le chef du Parti québécois, mais seulement une députée de la CAQ. 
 
Ailleurs au Québec, on compte également deux autres péquistes, trois représentants solidaires et quatre libéraux (dont deux à Laval et un sur la Rive-Sud de Montréal). 
 
Curieusement, le Parti conservateur a obtenu 13% des votes, mais n’aura aucun député pour représenter la droite québécoise, ce qui rappelle que le mode de scrutin hérité de la tradition anglaise peut créer des distorsions entre le choix des électeurs et leur représentativité à l’Assemblée nationale.
 
De plus, seul le PLQ est considéré, en ce moment, comme l’opposition au gouvernement de la CAQ. En effet, les représentants de Québec solidaire, avec onze sièges, et du Parti québécois, avec trois sièges, n’auront que très peu de ressources, et ce, même si le nombre de voix était similaire pour ces trois partis, à savoir 15%.
 
Il se peut que Dominique Anglade cède du temps de parole lors de la période des questions à l’Assemblée nationale pour ne pas être le seul parti d’opposition efficiente. Toutefois, il appert qu’aux dernières nouvelles, la cheffe libérale refuserait de considérer le PQ et QS dans le processus de critique des propositions gouvernementales.
 
Cela dit, la loi électorale accorde un financement public aux partis officiels qui est proportionnel au nombre de personnes qui ont voté pour chacun d’eux. 
 
Ainsi, le taux de votes en faveur des péquistes et des conservateurs, respectivement de 15 et 13%, va permettre aux militants de poursuivre la reconstruction de leur parti respectif. 
 
En revanche, le taux des libéraux ayant chuté de 10%, leur support sera équivalent aux autres partis d’opposition, mais 40% moins élevé qu’entre 2018 et 2022. 
 

Le rôle essentiel du quatrième pouvoir 

 
Lors des quatre prochaines années, les médias auront donc un travail essentiel à réaliser pour contribuer à nuancer les grands enjeux sociétaux, ainsi qu’à éclairer les risques liés aux inévitables angles morts présents dans toutes les gouvernances. 
 
La nécessité d’un travail d’enquête rigoureux pour documenter les enjeux de société n’a jamais été aussi importante, tant pour la situation actuelle au Québec que pour aider les citoyens à faire la part des choses, alors que de nombreuses informations contradictoires circulent sur la Toile. 
 
C’est une des raisons pour lesquelles Libre Média a besoin que vous deveniez membres, car votre implication est essentielle pour assurer notre travail. D’entrée de jeu, l’animateur tient «à dire que, depuis le début de l’aventure de Libre Média, [sa] contribution est entièrement bénévole, car il veut prioriser le support de l’équipe technique et des jeunes journalistes.» 
 

L’animateur 

 

Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, Joël Monzée est docteur en neurosciences et éthicien. C’est un scientifique sans conflit d’intérêts. Il a réalisé son post-doctorat dans un laboratoire d’éthique politique pour y développer un axe de recherche sur les enjeux liés à la surconsommation de médicaments et aux liens, parfois douteux, entre les universités et les entreprises pharmaceutiques. 
 
Faisant la synthèse de 12 années de recherche en éthique politique et clinique, il a rédigé un essai Médicaments et performance humaine qui figure parmi une dizaine de livres publiés depuis 15 ans, auxquels s’ajoutent plusieurs collaborations à des collectifs en bioéthique et en santé.
 
Depuis 25 ans, il est impliqué à différents degrés comme expert indépendant dans la politique québécoise. «J’y ai développé des amitiés personnelles et professionnelles, mais surtout un grand respect de la fonction de députés, qu’ils soient dans l’opposition ou nommés ministres», explique-t-il. 
 

Les invités 

 
Jérôme Blanchet-Gravel – Essayiste et journaliste, c’est le rédacteur en chef de Libre Média. Il est l’auteur de plusieurs livres parmi lesquels La face cachée du multiculturalisme et Un Québécois à Mexico. Il a aussi codirigé l’ouvrage Crise sanitaire et régime sanitariste. Il a fait paraître de nombreux articles dans des journaux et magazines comme Le Figaro, Le Point, Causeur, Conflits et La Presse.
 
Philipe Langlois – Politologue, il est enseignant en science politique au Collège militaire Royal. Il a étudié en science politique, en se spécialisant en relations internationales et en économie politique, tout particulièrement les crises économiques.
 
Frédéric Lapointe – Il y a 25 ans, il s’est impliqué à Force Jeunesse, dont il fut le vice-président durant plusieurs années. Par la suite, il a été vice-président du Mouvement national des Québécois, puis président de la Ligue d’action civique, après s’être impliqué au sein du Parti québécois. Aujourd’hui, il est conseiller en évaluation à l’Université de Montréal.