En Géorgie, «régime», «oligarque» et «prisonniers politiques» sont dans le viseur du régulateur. Transparency International dénonce une censure des chaînes indépendantes, sanctionnées pour leur vocabulaire critique à l’égard du pouvoir.
Les autorités géorgiennes ont interdit de fait aux chaînes de télévision indépendantes de ce pays du Caucase, ancienne république soviétique, d’utiliser des mots et expressions critiques à l’égard du gouvernement, dénonce l’ONG Transparency International-Géorgie, accusant le régulateur des médias du pays d’imposer une censure.
Cette mesure marque un nouveau durcissement des restrictions visant les voix dissidentes dans ce pays situé sur les rives de la mer Noire, en proie ces dernières années à plusieurs crises politiques.
Le gouvernement du parti au pouvoir, Rêve géorgien, a adopté une série de lois qui, selon ses détracteurs, visent les médias indépendants, la société civile et les groupes d’opposition. Ces mesures ont suscité la condamnation de plusieurs gouvernements occidentaux.
Mots bannis
La branche géorgienne de Transparency International affirme que les autorités ont concrètement interdit 93 mots et expressions, parmi lesquels «régime», «oligarque», «prisonniers politiques», «prisonniers d’opinion» et «lois répressives».
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L’organisation a établi cette liste après avoir examiné sept rapports du régulateur visant deux chaînes de télévision proches de l’opposition, Formula et TV Pirveli, au cours des six derniers mois.
L’étau financier
L’ONG accuse notamment la Commission des communications de chercher à asphyxier financièrement les médias indépendants en leur infligeant des amendes de plus en plus lourdes.
Le 1er octobre, le régulateur a infligé une amende de 3 700 dollars à Formula, soit la troisième sanction financière prononcée à l’encontre de la chaîne.
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La Commission affirme que les diffuseurs ont enfreint les règles d’impartialité dans la couverture de l’actualité, en présentant les opinions personnelles de journalistes comme des faits avérés.
Mais Transparency International estime que le régulateur, qui dispose du pouvoir de suspendre les licences de diffusion, agit comme un organe de censure.
Un pouvoir contesté
Le parti au pouvoir, Rêve géorgien, fait l’objet de critiques de plus en plus vives concernant le recul démocratique du pays depuis les manifestations de masse déclenchées autour des élections législatives de 2024, suivies par sa décision de suspendre le processus d’adhésion de la Géorgie à l’Union européenne.
Le gouvernement rejette les accusations d’autoritarisme et soutient que ses politiques visent à protéger la souveraineté nationale.












