Le compte X du juriste Yaman Akdeniz est désormais inaccessible en Turquie au nom de la sécurité nationale. Ce blocage s’inscrit dans une vague de restrictions visant les médias et les organisations de défense des libertés civiles.
La Turquie a bloqué l’accès au compte X de Yaman Akdeniz, professeur de droit, expert en droits numériques et fondateur de l’Association de défense de la liberté d’expression Iföd, a annoncé jeudi EngelliWeb, une structure qui surveille la censure sur internet dans le pays.
La mesure, qui concerne les utilisateurs de X en Turquie, invoque la «protection de la sécurité nationale et de l’ordre public», selon cet observatoire.
«Mon compte X a été bloqué et @GlobalAffairs a suspendu mon compte en Turquie», a écrit le juriste dans un message accessible dans le pays au moyen d’un réseau privé virtuel (VPN). Le compte @GlobalAffairs représente l’équipe de X chargée des affaires gouvernementales internationales.
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«Je combats la censure sur internet depuis plus de 30 ans et X m’a notifié sans fournir de détails, ni une copie de la décision de blocage, ni les raisons», a dénoncé Yaman Akdeniz.
«Cela exige une explication d’@elonmusk», a-t-il ajouté à l’adresse du propriétaire de la plateforme.
Vague de blocages
Depuis le 12 septembre, la Turquie a bloqué des centaines de comptes sur les réseaux sociaux. Les restrictions ont d’abord visé des groupes militants LGBTQ, puis des journalistes, des médias et des associations de défense des femmes, des droits de l’homme et de la liberté d’expression.
Mardi, la plateforme Nous allons stopper les féminicides (KCDP), qui recense les violences faites aux femmes, a annoncé que son compte X avait été fermé. La Turquie ne publie pas de chiffres concernant les féminicides, laissant cette tâche à des organisations comme le KCDP.
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Ces restrictions s’accompagnent d’un renforcement de la surveillance judiciaire des plateformes. Également mardi, le ministre de la Justice Akin Gurlek a annoncé la création d’une unité chargée de veiller à «la sécurité de l’environnement numérique et de combattre la désinformation».
Des procureurs spécialisés
Des équipes de procureurs spécialisés seront mises en place dans les tribunaux du pays pour «surveiller de près» les contenus présumés criminels sur les plateformes numériques, a indiqué le ministre.
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«L’identification des suspects, le lancement des procédures judiciaires et les processus d’intervention pour contenus illégaux auront lieu plus rapidement», a-t-il ajouté.













