Une réfugiée ukrainienne assassinée dans un train en Caroline du Nord par un multirécidiviste. Pour Richard Hétu, le scandale n’est pas cette insoutenable tragédie gratuite, mais «la droite» qui s’en indigne. La riposte de Samuel Chabot.
Bonjour Richard,
Je vous ai lu. Et une fois encore, j’ai été frappé par l’absurdité de vos mots, cette manière de travestir la réalité pour la plier à vos obsessions.
Les faits instrumentalisés
On réalise rapidement que pour vous, les faits ne se valent jamais par eux-mêmes: ils ne deviennent intéressants qu’au moment où vous pouvez les façonner en arme idéologique.
Votre chronique se veut factuelle, mais c’est essentiellement le recyclage politique du cadavre d’une jeune femme encore chaud. Vous ne racontez pas une tragédie, vous vous en servez pour véhiculer vos obsessions. L’horreur passe au second plan. La victime disparaît. Ce qui compte, c’est votre petite croisade idéologique.
Et vous avez le culot d’accuser les autres d’instrumentalisation?
Un meurtre glaçant, un système défaillant
Reprenons les faits. Une jeune femme de 23 ans, réfugiée ukrainienne, prend place dans un train léger. Téléphone en main, comme tout le monde.
Quelques minutes plus tard, un homme de 34 ans, derrière elle, se lève et la poignarde à mort. Pas de querelle. Pas d’insulte. Pas un geste de provocation. Juste un couteau qui s’abat, gratuitement. Une violence nue, monstrueuse. La scène est filmée. Les images circulent abondamment. Elles glacent le sang.
Cet homme, Decarlos Brown Jr., avait quatorze arrestations à son actif en dix ans. Vol à main armée. Six ans de prison. Libéré en 2020. Diagnostiqué schizophrène. Agressif. Sa propre mère l’a laissé dans un refuge quelques jours avant le meurtre. Arrêté encore en janvier.
Mais toujours en liberté. Voilà le scandale. Voilà le cœur du problème. Un système qui, au nom de principes abstraits, relâche dans la rue un individu extrêmement dangereux.
Quand l’idéologie efface la victime
Or, votre petite chronique, Richard, ne dit pas ça. Elle ne pointe pas du doigt la faillite. Elle ne s’attarde pas à la victime. Elle ne demande pas de comptes aux institutions. Elle s’accroche à ce qui vous obsède: Elon Musk, Donald Trump, Stephen Miller.
Comme si la vraie histoire n’était pas l’assassinat d’Iryna Zarutska, mais la réaction des gens que vous haïssez.
C’est là que vos œillères vous trahissent. Vous prenez un meurtre atroce et vous l’utilisez comme tremplin pour cracher votre fiel sur vos cibles idéologiques. Vous transformez une tragédie humaine en parabole de combat partisan.
Vous inversez la hiérarchie des choses: la victime est un prétexte, la chronique devient un règlement de comptes.
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Mais la vérité, Richard, est la suivante: ce meurtre n’a pas besoin d’être «récupéré» pour choquer. Il se suffit à lui-même. Les images suffisent. La violence suffit. L’échec institutionnel suffit. L’indignation qui en découle est spontanée, transversale, universelle. Elle n’a pas de parti. Elle n’a pas de couleur.
L’indignation appartient aux passagers qui veulent rentrer chez eux. Aux familles qui espèrent que l’État protège les innocents avant de protéger les criminels. Aux citoyens qui refusent qu’une réfugiée de guerre soit poignardée dans un train à cause de la négligence des juges et du laxisme du système de justice.
Une indignation «de droite»?
Et vous, Richard, qu’en faites-vous? Vous la réduisez à un réflexe partisan. Vous la traitez comme une posture de «droite». Vous méprisez ceux qui osent être indignés. Comme si leur colère n’était pas légitime. Comme si l’émotion humaine devait être discréditée parce qu’elle ne cadre pas avec votre grille idéologique.
Vous brandissez la baisse statistique de la criminalité comme un bouclier. Comme si une tendance nationale pouvait neutraliser une tragédie individuelle. Comme si on pouvait dire à la famille d’Iryna: «statistiquement, vous n’avez pas à vous plaindre».
Mais la vie ne se vit pas dans les moyennes. Elle se vit dans l’instant. Et cet instant, c’est une jeune femme poignardée par un homme qui n’aurait jamais dû être libre.
Si certains gens de «droite» instrumentalisent véritablement cette tragédie sans égard pour la victime et ses proches, vous vous rendez coupable de la même démarche – mais à gauche.
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Votre texte, Richard, est l’exemple parfait de ce journalisme dévoyé où la compassion passe après le sermon, où l’information se plie au militantisme. Vous ne cherchez pas à comprendre. Vous cherchez à condamner. Non pas l’agresseur, mais vos adversaires politiques. Et ce faisant, vous instrumentalisez une mort pour servir vos dogmes.
Voilà pourquoi vos chroniques n’expliquent souvent rien. Voilà pourquoi elles polarisent. Voilà pourquoi elles respirent le mépris.
Au lieu de regarder la réalité en face – un système qui laisse des innocents mourir au nom d’idéaux déconnectés – vous préférez vous draper dans vos obsessions. La tragédie devient secondaire. L’idéologie, elle, reste intacte.
Ennemis imaginaires
Alors oui, continuez, Richard. Continuez à détourner les yeux de l’horreur pour vous concentrer sur vos ennemis imaginaires. Continuez à tordre les faits pour préserver votre confort idéologique.













