Le racisme systémique, une supercherie en contexte québécois

Photo: AFP.

Mercredi le 6 août 2025, à 10:45

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Le racisme systémique, une supercherie en contexte québécois
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Alors qu’une peine a été fixée pour la première fois au Québec selon les «facteurs systémiques» appliqués aux criminels «racisés», l’enseignant Yannick Lacroix déconstruit le concept de racisme systémique dans un livre essentiel.

 

Depuis quelques années, la gauche woke tente d’imposer aux sociétés occidentales le concept de «racisme systémique». 

 

Selon ses partisans, les institutions québécoises en seraient imprégnées, ce qui expliquerait la plupart des inégalités entre, d’une part, les peuples autochtones et la majorité historique francophone, et d’autre part, entre cette dernière et les gens issus de l’immigration.

 

Fin juillet, pour la première fois dans l’histoire judiciaire du Québec, une peine a été fixée en tenant compte des «facteurs systémiques» appliqués aux «criminels racisés», une pratique déjà présente ailleurs au pays.

 

Enseignant en philosophie au Collège Maisonneuve, Yannick Lacroix s’attaque à ce sujet dans son ouvrage Erreur de diagnostic, publié aux éditions Liber. Entretien.

 

Simon Leduc: Dans votre livre, vous avancez que le racisme systémique est une construction idéologique plutôt qu’une réalité objective. Pouvez-vous préciser votre pensée?


Yannick Lacroix: «Le racisme systémique est une explication des faits. C’est un concept flou, confus, qui s’applique difficilement au Québec. 

 

Le Haut-Commissariat des droits de l’homme le définit comme "un système complexe et interdépendant de lois, politiques, pratiques et attitudes… produisant, directement ou indirectement, intentionnellement ou non, des discriminations ou préférences fondées sur la race, la couleur ou l’origine".

 

Cette définition pose déjà problème dans le contexte qui est le nôtre.»

 

Pourquoi estimez-vous que ce concept ne s’applique pas à la Belle Province?


Yannick Lacroix: «Dans mon ouvrage, je montre qu’il existe plusieurs définitions de cette notion, toutes problématiques. La plus claire est née aux États-Unis, dans le contexte des inégalités subies par les Afro-Américains descendants d’esclaves. 

 

 

 

 

Là-bas, on peut comprendre son usage, car il s’appuie sur un racisme d’État – esclavage et ségrégation – solidement ancré dans l’histoire pour expliquer les inégalités actuelles. 

 

Or, le Québec n’a pas un passé comparable, et les minorités visibles n’y ont pas connu un tel système. Ce modèle s’exporte donc mal chez nous. Je détaille ces raisons dans mon livre.»

 

Les peuples autochtones, plus pauvres et souvent dans des conditions difficiles, ne sont-ils pas une exception?


Yannick Lacroix: «J’aborde ce sujet dans l’ouvrage. Les Autochtones subissent bel et bien des inégalités systémiques: revenus plus faibles, taux d’incarcération élevé, faible scolarisation. Ces écarts sont liés à l’histoire du colonialisme, et il existe un consensus là-dessus.

 

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Mais le juge Viens, dans son rapport sur les relations entre Autochtones et services publics, n’a pas retenu l’expression "racisme systémique". 

 

Si, après un rapport exhaustif, il a jugé ce concept inadapté, c’est qu’il ne correspond pas à cette réalité. Dire cela ne revient pas à nier le racisme, y compris dans certaines institutions québécoises.»

 

Peut-on dire que les institutions américaines, à cause de leur passé esclavagiste, sont gangrenées par ce type de racisme?


Yannick Lacroix: «La vraie question est: toutes les inégalités vécues par les minorités sont-elles des injustices que l’État doit corriger? Parfois, mais pas toujours. 

 

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Aux États-Unis, les Afro-Américains descendants d’esclaves vivent encore, génération après génération, dans des conditions socioéconomiques inéquitables. Là-bas, il est logique que les institutions agissent. 

 

Mais même dans ce contexte, je considère que "racisme systémique" reste un mauvais concept.»

 

Le multiculturalisme canadien et l’immigration massive peuvent-ils expliquer certaines inégalités?


Yannick Lacroix: «Je cite en conclusion la philosophe américaine Elizabeth Anderson, qui explique les inégalités raciales non pas par le racisme systémique, mais par la séparation physique, culturelle, religieuse et linguistique des groupes. 

 

Le multiculturalisme peut favoriser cette séparation, chaque communauté restant dans son univers sans réelle intégration. On se retrouve alors avec un "multi-communautarisme", où la coexistence se fait sans identité commune, comme l’a assumé Justin Trudeau avec son Canada "postnational". 

 

Ce type de politique ségrégative peut, oui, accentuer les inégalités dans une société.»