Le Québec fait face à un défi de taille: concilier la protection de l’environnement avec la nécessité d'une croissance économique robuste. L’alarmisme climatique favorise l’adoption de politiques coûteuses et inefficaces.
Nous proposons une approche pragmatique, fondée sur des données scientifiques, pour répondre aux enjeux environnementaux tout en relançant l’économie québécoise.
Sous-estimation des progrès environnementaux
Contrairement aux discours alarmistes, les catastrophes climatiques causent beaucoup moins de décès qu’il y a 100 ans, lesquels sont passés de 500 000 à moins de 10 000 par an, malgré une population mondiale quadruplée
Au Québec, la qualité de l’air s’est améliorée depuis 1974, et les eaux sont plus propres, avec de nouveaux sites de baignade accessibles. La superficie forestière est stable, voire en augmentation dans plusieurs régions. Ces avancées montrent qu’il est possible de réaliser des progrès concrets sans sacrifier l’économie.
Anxiété climatique et politiques symboliques
L’anxiété climatique touche particulièrement les jeunes Québécois, 45% d’entre eux exprimant des craintes face à l’avenir. Cette peur, alimentée par des discours catastrophistes, pousse les politiciens à adopter des mesures symboliques mais peu efficaces dans un contexte de fragilité financière marqué par l’abaissement de la cote de crédit du Québec.
Une économie en stagnation
L’économie québécoise traverse une période difficile. En 2023, le produit intérieur brut réel du Québec n’a pas progressé par rapport à 2022 (0,0%), malgré une croissance démographique de 2,5%.
La dette publique dépasse 350 milliards de dollars, soit 50 000$ par contribuable. Le produit intérieur brut par habitant est inférieur de 11% à la moyenne canadienne.
Les infrastructures, comme les hôpitaux et les écoles, sont en mauvais état. La productivité des entreprises a reculé de 0,55% en 2023, contrairement à une hausse de 2,7% de celle des entreprises aux États-Unis.
Crise énergétique et Hydro-Québec
Hydro-Québec, pilier économique du Québec, fait face à des difficultés importantes. Sa cote de crédit a été revue à la baisse, et son plan de décarbonation nécessitera 150 milliards de dollars d’investissements, alourdissant la dette publique.
Les surplus d’électricité ont disparu, forçant le gouvernement à refuser des projets industriels faute d’énergie. Hydro-Québec produit 200 térawattheures par an, mais aura besoin de 150 à 200 térawattheures supplémentaires d’ici 2050. Cette pénurie limite le développement économique, comme pour QScale, une entreprise d’intelligence artificielle freinée par le manque d’énergie.
Potentiel économique inexploité
Le Québec dispose de ressources naturelles comparables à celles de la Norvège; dans ce pays, le produit intérieur brut par habitant atteint 125 000$, un des plus élevés au monde.
Le gaz naturel, d’une valeur potentielle de centaines de milliards de dollars, reste inexploité dans la province. Le projet GNL Québec, qui inclut un gazoduc et une usine de liquéfaction, créera 6000 emplois et générera des retombées économiques importantes, en plus de bénéficier de l’appui de la population.
L’exploitation du gaz naturel au Québec, à l’instar de la levée de l’interdiction sur la fracturation en Nouvelle-Écosse, stimulera l’économie.
Échecs des investissements dans la transition énergétique
Les investissements massifs dans la transition énergétique, comme les éoliennes, ont des rendements environnementaux faibles. À l’échelle mondiale, 3000 milliards de dollars ont été dépensés en 2024 pour des solutions inefficaces.
L’État ne peut pas imposer l’innovation par décret. L’histoire démontre que l’innovation véritable naît de la liberté d’entreprendre et non de l’interventionnisme bureaucratique.
Prenons le cas des investissements massifs dans la recherche en intelligence artificielle. Nos gouvernements ont injecté des centaines de millions de dollars dans ce secteur, et Montréal peine toujours à s’imposer comme un acteur dans l’industrie mondiale de l’intelligence artificielle. Ces déconvenues montrent que l’État, en cherchant à «planifier» l’innovation, dilue les ressources et étouffe l’élan entrepreneurial.
Le projet Northvolt, une usine de batteries subventionnée à hauteur de 7,3 milliards, a fait faillite, illustrant les risques que fait planer l’adoption de politiques climatiques idéologiques.
Lion Électrique, malgré 177 millions de dollars d’investissements publics, a également échoué, entraînant dans la foulée des pertes financières et des mises à pied. La filière du lithium, avec 2,6 milliards de dollars de fonds publics, est fragilisée par la chute des prix mondiaux et la domination chinoise.
Dans le même ordre d’idée, citons l’échec de Recyclage Carbone Varennes, un projet de 1,5 milliard de dollars financé par l’État, une autre entreprise financée par les contribuables. Le Fonds vert et son successeur ont englouti des milliards de dollars, issus de taxes et de frais, dans des projets de recherche et développement imposés par l’État et générateurs d’une activité souvent stérile.
Limites des véhicules électriques
Les véhicules électriques, subventionnés jusqu’à 12 000$ par unité, ne sont pas une solution miracle. Leur fabrication, notamment celle des batteries, génère des émissions importantes, et leur effet environnemental varie selon la source d’électricité. Les subventions profitent surtout aux ménages aisés, tandis que la fin des aides entraîne une chute des ventes.
L’industrie du véhicule électrique est concentrée en Asie, où plus de 90% des véhicules sont construits. Le succès de la filière batterie au Québec repose sur l’hypothèse que l’Ontario pourra développer une importante production de véhicules électriques alimentés par des batteries québécoises.
Or, l’industrie de l’automobile électrique en Ontario connaît de multiples ratés.
L’objectif irréaliste de la carboneutralité
L’objectif de carboneutralité d’ici 2050 est impossible à atteindre. La moitié de l’énergie québécoise provient des combustibles fossiles.
Les coûts mondiaux de la carboneutralité dépasseraient les bénéfices de 32 000 milliards de dollars par an. Le pétrole, essentiel à la construction, aux plastiques et aux engrais, reste irremplaçable. La consommation mondiale a atteint un sommet de 100 millions de barils par jour en 2023, contredisant les prédictions de pénurie de pétrole.
Effet sur les populations les plus vulnérables
Les politiques climatiques actuelles, comme les taxes sur le carbone, augmentent les coûts énergétiques et touchent durement les ménages à faible revenu. Au Royaume-Uni, les prix de l’électricité ont triplé entre 2003 et 2023.
Des politiques favorisant une énergie abordable et des investissements dans la santé et l’éducation renforcent la résilience sociale. Le gouvernement du Québec limite la hausse des tarifs d’électricité au taux de l’inflation, mais fait face à de fortes pressions pour les augmenter afin de permettre aux entreprises productrices d’électricité de faire face à l’accroissement des coûts.
Le rôle du gaz naturel
Le gaz naturel, qui représente 14% de l’énergie consommée au Québec, est importé à fort coût plutôt que produit localement.
Aux États-Unis, la part du gaz naturel dans l’ensemble de la production d’énergie a augmenté, passant de 19 % en 2005 à 38 % en 2019. Pendant cette période, le secteur américain de l’électricité a réduit de 32% ses émissions de CO2 tout en augmentant la production totale d’énergie.
En remplaçant le charbon partout dans le monde, le gaz naturel peut contribuer davantage à la réduction des émissions de CO2 à l’échelle mondiale que toutes les mesures coûteuses mises en avant par nos gouvernements.
Son exportation, par l’entremise de projets comme GNL Québec, créera des emplois et des revenus, contrairement au moratoire actuel qui favorise des producteurs étrangers comme le Qatar. Les industries minières et gazières offrent les meilleurs salaires au Canada.
Priorité à l’hydroélectricité et à l’énergie nucléaire
L’hydroélectricité et l’énergie nucléaire sont des solutions fiables et propres. Le Québec dispose de 70 à 80 térawattheures de potentiel hydroélectrique inexploité. Pensons, par exemple, à des projets comme Petit Mécatina (1080 MW) ou L’Eau du Nord (14,2 TWh/an). Le secteur nucléaire, avec des réacteurs modulaires modernes, offre une production stable et des répercussions minimes sur l’environnement.
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On peut placer ces réacteurs près des zones de consommation afin d’éviter de surcharger le territoire avec des fils à haute tension. Ils peuvent être aussi petits qu’un seul immeuble ou un pâté de maisons.
Les progrès dans la filière nucléaire, sous-exploitée malgré 40 000 tonnes d’uranium québécois, sont freinés par un moratoire idéologique datant de 2013. L’Ontario produit la majorité de son électricité au moyen de 18 réacteurs, la Nouvelle-Écosse a aboli son moratoire sur l’uranium, et le premier ministre Mark Carney soutient cette énergie. L’Ontario construit quatre nouveaux réacteurs modulaires.
Vers une politique équilibrée
Le Québec doit adopter une approche pragmatique, tout en évitant l’alarmisme et les investissements risqués. En misant sur l’hydroélectricité, l’énergie nucléaire et le gaz naturel, le Québec assurera sa prospérité et protégera l’environnement.
Cette stratégie renforcera sa résilience, réduira les inégalités et positionnera la province comme un modèle de rationalité économique et environnementale.











