La situation dégénère au Sri Lanka, où le nouveau président a ordonné aux autorités de réprimer durement les manifestants. Un système de code QR a été instauré pour rationner l’essence, tandis que l’inflation pourrait atteindre 80%.
Mercredi dernier, un nouveau président a été nommé par les législateurs sri lankais dans une autre tentative de mettre fin à la crise politique et économique.
Le nouveau président est Ranil Wickremesinghe, six fois Premier ministre, qui a nommé aujourd'hui un nouveau Premier ministre et achevé la formation de son cabinet ministériel.
La désignation du nouveau gouvernement survient juste après l’expulsion des derniers manifestants des bâtiments officiels qu’ils avaient envahis. Des journalistes auraient aussi été dégagés du périmètre établi.
«Le nouveau président a envoyé l’armée. La répression est extrêmement dure depuis la nuit dernière. […] La situation risque de s’aggraver encore et la population risque de ne pas l’accepter», prévient avec Libre Média Éric Meyer, historien spécialiste du Sri Lanka et du sous-continent indien.
Un «passe-carburant»
Le 17 juillet dernier, le gouvernement a instauré un «passe-carburant» pour réguler l’approvisionnement d’essence dans un contexte de très grave pénurie et de hausse de l’approvisionnement sur le marché noir.
Un rationnement assuré par des moyens numériques qui ne sera probablement pas respecté à la lettre, dans un pays où l'économie informelle s'accompagne naturellement de manquements aux règles.
Un rationnement assuré par des moyens numériques qui ne sera probablement pas respecté à la lettre, dans un pays où l'économie informelle s'accompagne naturellement de manquements aux règles.
«Le code QR obtenu après l'inscription doit être présenté pour obtenir du carburant. Le code QR peut être enregistré sous forme de capture d'écran sur son téléphone portable. Ceux qui n'ont pas de smartphone peuvent conserver une impression du code QR», rapporte le quotidien The New Indian Express.
«Aujourd'hui, nous avons introduit le laissez-passer carburant national. Cela garantira un quota hebdomadaire pour chaque véhicule», a déclaré le ministre de l'Énergie, Kanchana Wijesekara.
Le code QR permet d’enregistrer un seul véhicule par personne, qu'il s'agisse d'une automobile ou d'une motocyclette.
Ces dernières semaines, de nombreux incidents violents ont été signalés dans les files d'attente de carburant. Au moins 20 personnes sont mortes d'épuisement après avoir passé plusieurs jours consécutifs à faire la queue.
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Rappelons qu’en avril dernier, le pays a plongé dans la pire crise de son histoire depuis la guerre civile (1983-2009). Ce conflit a fait au moins 100 000 morts en opposant l’armée sri-lankaise aux sécessionnistes tamouls.
Depuis la guerre en l’Ukraine, les prix ont bondi de plus de 50% et le pays fait face à de graves pénuries de nourriture, de médicaments et de carburant.
Soulèvements populaires
Le 8 juillet, dans l’impasse, le président Rajapaksa a pris le chemin de l’exil après avoir vu son palais être envahi par des manifestants.
C’était quelques heures avant qu’une foule ne réussisse à entrer dans les bureaux de Ranil Wickremesinghe, le nouveau président, qui venait alors d’être désigné président par intérim et qui avait décrété l’état d’urgence. Sa résidence personnelle aurait été en partie incendiée.
Depuis 2005 à l'exception de 2015-2019, le Sri Lanka était dirigé par le clan Rajapaska, une famille corrompue ayant instauré un système économique fait de clientélisme et de favoritisme.
Ranil Wickremesinghe est considéré comme un allié de l'ex-président Rajapaska.
Ranil Wickremesinghe est considéré comme un allié de l'ex-président Rajapaska.











