On célèbre aujourd’hui le centième anniversaire de naissance de René Lévesque. Il faut espérer que les Québécois n’oublient jamais son œuvre.
René Lévesque a vu le jour à Campbellton[1] au Nouveau-Brunswick le 24 août 1922. Ses parents sont Dominic Lévesque, un avocat et Diane Dionne. Il grandit en Gaspésie dans une famille assez bien nantie. Cependant, la Gaspésie était une région pauvre et il réalise très jeune que les Canadiens-français sont moins favorisés que les Canadiens-anglais.
Il entreprend des études en droit à l’Université Laval, mais les abandonne avant d’obtenir son diplôme. C’est dans le domaine du journalisme que René Lévesque se démarque par la suite. Il travaille comme correspondant de guerre durant la Seconde Guerre mondiale et poursuit son rôle de correspond à l’étranger pour Radio-Canada.
Le saut en politique
En 1960, René Lévesque se lance en politique active en décidant de rejoindre le Parti libéral de Jean Lesage qui reprend le pouvoir. En 1961, il devient ministre des Ressources naturelles.
Il pilote avec succès la nationalisation de l’hydroélectricité. Selon l’Encyclopédie canadienne: «Lévesque répète inlassablement que si les Québécois francophones n’exercent que peu de contrôle capitalistique sur les grandes entreprises de la province, ils se doivent, tout au moins, de contrôler, par l’intermédiaire de leur gouvernement, leurs immenses ressources naturelles».
En 1966, le PLQ perd le pouvoir aux mains de l’Union nationale. L’ancien ministre libéral trouvait que le PLQ n’était plus assez nationaliste et revendicateur vis-à-vis d’Ottawa. Il quitte donc le PLQ et fonde le Mouvement souveraineté association.
En octobre 1968, le Parti québécois naît de la fusion du MSA et du Ralliement national, un petit parti indépendantiste de droite. René Lévesque est le père fondateur du PQ.
Après avoir quitté le PLQ, René Lévesque commence à prôner un Québec indépendant au sein d’une union économique avec le Canada. Le 15 novembre 1976, le Parti québécois prend le pouvoir pour la première fois.
Un combat culturel
Comme premier ministre, René Lévesque a toujours défendu les intérêts de la nation québécoise face à l’intransigeant et centralisateur gouvernement Trudeau.
Durant son premier mandat, il a mis en place la loi 101 qui a permis de faire du français la langue prédominante au Québec. Un autre objectif de cette législation était d’éviter le déclin démographique de la majorité historique francophone.
Dans les années 70, le Canada était dirigé par Pierre Elliot Trudeau. Ce dernier s’opposait farouchement aux revendications et aspirations du Québec. En 1979, le gouvernement Lévesque décide alors de déclencher un référendum sur la souveraineté du Québec.
L’ex-journaliste présente finalement un projet de souveraineté-association prévoyant «l’indépendance politique du Québec dans le cadre d’une union économique avec le Canada», précise l’Encyclopédie canadienne.
L’ex-journaliste présente finalement un projet de souveraineté-association prévoyant «l’indépendance politique du Québec dans le cadre d’une union économique avec le Canada», précise l’Encyclopédie canadienne.
Malheureusement, le Camp du NON remporte facilement la consultation populaire avec 60% des voix. René Lévesque respecte la décision du peuple québécois.
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Ensuite a lieu le rapatriement unilatéral de la constitution canadienne sans l’accord du Québec.
Le Québec a ainsi été recadré par le reste du Canada qui rejetait son caractère distinct.
Le Québec a ainsi été recadré par le reste du Canada qui rejetait son caractère distinct.
Mais, en 1984, le Parti conservateur de Brian Mulroney prend le pouvoir à Ottawa. Ce dernier veut ramener le Québec dans le giron constitutionnel canadien «dans l’honneur et l’enthousiasme». René Lévesque accepte la main tendue de son homologue fédéral et ce fut le beau risque.
Plusieurs ministres démissionnent en bloc du gouvernement Lévesque en réaction à la décision de leur chef de mettre l’indépendance de côté.
L’ancien premier ministre avait accepté le verdict populaire du 20 mai 1980 et a tenté une réconciliation avec le reste du Canada.
Son beau risque est rejeté par les militants du Parti québécois qui choisissent un leader plus jeune, Pierre-Marc Johnson.
René Lévesque quitte la tête du PQ en 1985 et rend l’âme en 1987.
Il faut se souvenir
René Lévesque est une figure mystique de la politique québécoise. Il faut espérer que les Québécois n’oublient jamais son passage comme premier ministre du Québec et que son héritage demeure dans notre conscience politique, même si elle reste inachevée.
Est-ce qu’un jour, son projet politique se concrétisera? Ce sera difficile, car son parti risque de disparaître lors des prochaines élections et le vieillissement démographique des Québécois jumelé au faible taux de natalité jouent contre la souveraineté.
[1] Car il n’y a avait pas d’hôpital à New Carlisle, une petite ville de la Gaspésie.













