«Sicarios du mensonge»: Maduro fustige les médias internationaux

Le président vénézuélien et candidat à la présidentielle Nicolas Maduro salue ses partisans lors d'un rassemblement électoral à Caracas le 16 juillet 2024. Photo: Federico PARRA pour l’AFP.

Mardi le 23 juillet 2024, à 09:25

Le président vénézuélien Nicolas Maduro, qui prévoit un «bain de sang» s’il n’est pas réélu pour un troisième mandat, a accusé lundi plusieurs médias internationaux d'être des «sicarios (tueurs à gages) du mensonge». 

 

«Ils ont essayé mille fois de nous rendre invisibles, maintenant l'opération est menée par des tueurs à gages, les tueurs à gages du mensonge, l'agence EFE d'Espagne, l'agence AFP, l'agence AP (Associated press, USA), CNN et plusieurs chaînes de télévision d'ici. Une fois de plus, nous connaissons l'histoire, j'ai déjà vu ce film», a lancé M. Maduro lors d'un rassemblement à San Cristobal (sud-ouest), à la frontière avec la Colombie. 

 

Menace de «bain de sang»

 

Selon le président socialiste qui ne prévoit rien de moins qu’un «bain de sang» advenant sa défaite au prochain suffrage, les médias le censurent et «manipulent» les informations sur sa campagne électorale. 

 

«Ils crient déjà à la fraude. Personne ne va entacher le processus politique. S'ils grillent le feu (rouge), ils le regretteront pendant 200 ans et ce sera la dernière erreur de leur vie, ce sera leur dernière erreur politique, il y aura une justice contre les fascistes», a-t-il poursuivi. 

 

Le président Maduro s'est déjà emporté à deux reprises la semaine dernière contre des agences et des médias internationaux, qu'il a qualifiés d'«ordures» et de «fer de lance» d'un prétendu plan de l'opposition visant à dénoncer les fraudes qui seraient commises lors des élections du 28 juillet. 

 

Dimanche, M. Maduro affrontera dans les urnes Edmundo Gonzalez Urrutia, candidat de l'opposition que la plupart des sondages placent en tête. 

 

Les membres de son parti rejettent ces sondages, affirmant qu'ils sont fabriqués et présentent leurs propres projections qui leur sont favorables. 

 

Répression en vue du scrutin

 

Au cours de la campagne, qui s'achève officiellement jeudi, une centaine d'opposants ont été arrêtés, selon les organisations de défense des droits humains. Le gouvernement a dénoncé plusieurs projets d'assassinat du président et des complots visant à renverser le gouvernement. 

 

L'Association de la presse étrangère (APEX) a rejeté les attaques verbales formulées par Nicolas Maduro. «Nous demandons de ne pas impliquer la presse internationale dans le débat politique ou dans des accusations infondées», a-t-elle déclaré. 

 

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Le Venezuela occupe la 156e place sur 180 dans le classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF). 

 

Selon le Collège national des journalistes (CNP), plus de 400 médias ont fermé leurs portes au Venezuela au cours des 20 dernières années. Le gouvernement a retiré des ondes la chaîne populaire RCTV et a ordonné le retrait par les opérateurs de câble de CNN en Espagnol, Deutsche Welle et des chaînes colombiennes NTN24 et RCN.