Protéger notre culture québécoise

Le drapeau du Québec sur un bâton de hockey. Crédits photo: Andrej Ivanov / AFP

Dimanche le 8 mai 2022, à 11:00

Pour notre chroniqueur Simon Leduc, le Québec est à la croisée des chemins sur le plan identitaire. 


Les mesures comme l’extension de la 101 au collégial prônée par certains resteront insuffisantes pour protéger notre identité. Pour assurer la survie de l’identité québécoise à long terme, il faut travailler sur trois éléments: le français, la protection du patrimoine culturel et la ferveur patriotique des Québécois.  
 

La langue française 

 
Le français est le cœur de notre identité. Bien que le Québec baigne dans un océan anglophone, il a su survivre et préserver la prédominance de la langue de Molière. Par contre, depuis 2003, notre province accueille en moyenne 50 000 immigrants par année et notre déclin démographique est entamé depuis près de 20 ans déjà.      
 
Selon Jacques Houle, ex-fonctionnaire fédéral et conférencier en histoire à l’Université du troisième âge de l’université de Sherbrooke, «si les seuils d’immigration au Québec se maintiennent à 50 000 nouveaux arrivants ou plus par année, la proportion des francophones va tragiquement chuter, passant de 79 % en 2011 à 69 % en 2036. 

Si on laisse faire, cela mènera la nation québécoise au tombeau. Il faut donner un sérieux coup de barre pour éviter le naufrage définitif», écrit-il dans son ouvrage Disparaître. Baisser les seuils annuels d’immigration de 50 000 à 30 000 ralentirait le déclin démographique de la majorité francophone. 
 
D’autres mesures sont nécessaires afin de préserver le fait français au Québec: choisir une immigration francophone à la hauteur de 75%, améliorer et bonifier l’apprentissage du français au primaire et secondaire et encourager la natalité.  

La protection de notre patrimoine culturel 

 
Ces dernières années, on a pu constater la démolition de plusieurs bâtiments historiques sous le regard totalement indifférent du gouvernement et d’une partie de la population. Le patrimoine bâti est pourtant une partie intégrante de notre identité. 

L’état lamentable de notre patrimoine justifierait la création d’un poste de protecteur du patrimoine culturel, lequel pourrait être nommé par les députés de l’Assemblée nationale à l’occasion d’un vote nécessitant les deux tiers d’entre eux. Le titulaire de ce poste devrait disposer des pouvoirs et de l’indépendance nécessaires pour protéger le patrimoine culturel du Québec.  

 

Le patriotisme québécois

 
Au Québec, la ferveur patriotique n’est pas très présente. Sommes-nous vraiment fiers d’être Québécois? 

Célébrons-nous nos héros avec autant d’ardeur que les Américains par exemple? Force est de constater que non. 

Le gouvernement doit en faire beaucoup plus pour mousser le sentiment patriotique. En mai, il y a la fameuse journée nationale des Patriotes, mais qui prend davantage l’allure d’un simple jour férié que d’une véritable célébration. 

Les Patriotes ont combattu pour la liberté dans un Québec étouffé par l’Empire britannique. 

Bien sûr, ces derniers ont été vaincus, mais leur héroïsme va vivre à jamais dans l’univers collectif québécois. Pourquoi ne pas organiser toutes sortes de festivités en leur honneur, de manière à faire de cette journée une commémoration centrale pouvant contribuer à faire faire renaître le patriotisme?