Notre collaborateur Simon Leduc répond au chroniqueur Loïc Tassé qui dans un récent article associe Pierre Poilievre à «l’extrême droite».
Depuis quelques semaines, certains chroniqueurs des grands médias tentent de nous convaincre que Pierre Poilievre, l’un des candidats à la chefferie du Parti conservateur du Canada (PPC), est un politicien de droite radicale.
Est-ce que leurs critiques sont vraiment fondées? Voyons voir.
L’extrême droite, c’est quoi?
Selon une définition élaborée par l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke, l’extrême droite est «l’appellation donnée aux mouvements ou aux partis politiques qui prônaient l’instauration d’un régime de type fasciste capable de faire échec au socialisme ou au communisme».
«L’extrême droite s’est également opposées aux principes de la démocratie. Les régimes politiques de Benito Mussolini (Italie) et d’Adolf Hitler (Allemagne) sont généralement associés à cette idéologie», peut-on également lire dans la définition.
L’École de politique appliquée insiste sur le caractère xénophobe de ce courant qui considère «comme légitime l’emploi de la violence» et qui utilise «des voies autoritaires, voire terroristes, pour défendre leurs idées».
Pierre Poilievre adhère-t-il vraiment à cette idéologie violente?
Dans une chronique publiée le 2 mai dernier dans le Journal de Montréal et le Journal de Québec, le chroniqueur Loïc Tassé suggère pourtant que ce politicien conservateur est «d’extrême droite».
Loïc Tassé estime que «l’extrême droite cherche en général à affaiblir les gouvernements». C’est une affirmation complètement fausse sur le plan historique.
La stratégie de la diabolisation
Les leaders fascistes qui ont pris le pouvoir au XXe siècle ont imposé des régimes politiques racistes par l’intermédiaire d’un État fort. L’Allemagne nazie et l’Italie fasciste en sont les exemples frappants.
Historiquement, l’extrême droite n’a jamais cherché à affaiblir l’État, mais à le renforcer pour mieux servir son projet de contrôle de la population.
Le chroniqueur de Québecor poursuit en affirmant que le candidat à la chefferie du PCC veut affaiblir l’État canadien, car il prône un Sénat élu. En quoi la démocratie canadienne serait-elle affaiblie avec une Chambre haute composée d’élus du peuple?
Loïc Tassé affirme enfin qu’«au nom de la liberté», Poilievre «veut assassiner la société». Quelle affirmation sans fondement sur un politicien qui croit, au contraire, que les libertés des individus sont à la base d’une société saine, fonctionnelle et démocratique!
Il apparaît évident que Loïc Tassé a produit un texte faible et sensationnaliste dans le but de diaboliser Pierre Poilièvre en lui collant l’étiquette infâme d’extrême droite.
Les libertés avant l'identité
Il suffit de nous pencher sur le programme et les idées du candidat défendus dans la course à la chefferie des Conservateurs pour nous rendre compte que Pierre Poilievre est d’abord un conservateur économique qui adhère aux principes du libéralisme classique.
«Le libéralisme classique désigne la doctrine qui défend la propriété privée, une économie de marché, l’État de droit, les garanties constitutionnelles de liberté de religieuse et de liberté de la presse et des relations internationales pacifiées par le libre-échange», résumait l’historien du libéralisme Ralph Raico, dans un article repris par le journal français Contrepoints.
Contrairement à l’ultra droite, l’élu de l’Ontario ne préconise pas une baisse significative de l’immigration au Canada. La croissance économique passe encore avant l’identité avec Poilievre, ce qui déplaît sans doute aux rares représentants de la droite identitaire canadienne.
Pierre Poilievre n’est pas d’extrême droite, mais de droite libérale.
S’il devient chef du PCC, Pierre Poilievre sera victime de la même tactique de diabolisation de la part de Justin Trudeau et des médias subventionnés. Reste à voir si cet angle d’attaque mesquin et déloyal fonctionnera.













