PCQ, le pari osé de la liberté contre la sécurité

L'autobus de campagne du Parti conservateur du Québec. Photo: Jérôme Blanchet-Gravel pour Libre Média.

Lundi le 22 août 2022, à 16:30

Dimanche, Libre Média a assisté au lancement de la campagne électorale du Parti conservateur du Québec dans la capitale nationale. Entrevue avec son chef Éric Duhaime et deux de ses candidates. 


Ils étaient plus de 1000 militants à s’être déplacés pour entendre Éric Duhaime à l’occasion du lancement de la campagne d'un Parti conservateur du Québec (PCQ) encore méconnu il y a deux ans.

Au Complexe Capitale-Hélicoptère, près de l’aéroport de Québec, Duhaime a rappelé à ses principaux adversaires de la Coalition Avenir Québec (CAQ) qu’ils seraient tenus responsables tout au long de la campagne de l’érosion des libertés.

«Nous sommes le changement. […] Jamais on n’avait piétiné les libertés individuelles comme le gouvernement Legault l’a fait», a-t-il lancé à une foule conquise. 

Un refrain qui risque de déplaire à ceux pour qui la pandémie est déjà loin derrière eux, mais qui plaira aux autres pour qui elle a été un tournant. 


La pandémie comme électrochoc 

 
Si François Legault entend «capitaliser sur la peur des gens», comme il le souligne à mon micro, Éric Duhaime veut miser sur l’électrochoc qu’a eu la pandémie pour sa base militante, une période aux allures d’an 0 pour un pan de la population en rupture avec la classe politique.

Quelle stratégie François Legault utilisera-t-il pour freiner sa formation, dont la région de Québec est le quartier général? À ce stade-ci, Éric Duhaime admet ne pas le savoir exactement, le premier ministre sortant ayant selon lui décidé «de ne pas faire campagne». 
 
Il faut dire que la campagne électorale n’a pas commencé officiellement, mais jusqu’à présent, Legault évite de se frotter à l’action, espérant peut-être ne pas provoquer des revirements qui lui seraient nuisibles. 
 
Chose certaine, le chef conservateur s’attend à devoir encaisser chaque jour des «révélations» sur ses candidats.
 
«Je ne pense pas que nous en soyons encore à l’époque des ‘‘covidiots’’, mais des conseillers de François Legault ont reçu la tâche de passer au peigne fin les réseaux sociaux de tous nos candidats. Ce n’est pas juste les médias qui fouillent. C’est une stratégie bien orchestrée de la CAQ», laisse-t-il tomber.
 

Un clivage axé sur la peur?

 
Principale figure féminine du parti après la députée Claire Samson qui avait annoncé son départ, Anne Casabonne estime que l’élection opposera surtout «ceux qui ont peur et ceux qui n’ont pas peur». C’est autour des «libertés bafouées» que tous les conservateurs se rejoignent.

«Durant la pandémie, j’ai surtout été surprise de voir que je n’avais plus droit à mon opinion. Une artiste qui n’a plus le droit de se questionner..? Quelque chose n’allait plus», assure-t-elle.

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La candidate du PCQ dans Iberville espère évidemment que les conservateurs enverront un signal fort le 3 octobre, mais dit ne pas se faire d’illusions sur la difficulté que représente l’arrivée d’un jeune parti. Surtout avec le système électoral uninominal à un tour réputé pour favoriser les grands joueurs. 

«Mon implication avec Éric Duhaime découle moins d’une déception sur la société que d’une inquiétude. Comme grand-maman, je pense à la jeunesse et je suis préoccupée pour l’avenir. […] Ceux qui ont peur ont toute la difficulté du monde à comprendre notre point de vue», précise-t-elle avec Libre Média

De la CAQ au PCQ

 
Figure moins connue du parti, mais pas moins déterminée, Jacinte-Eve Arel est criminologue de formation et gestionnaire dans le milieu de la santé, un réseau dont l’état actuel la trouble profondément. 
 
Après avoir été candidate pour la CAQ dans Laporte en 2018, elle tente maintenant sa chance dans Portneuf comme candidate pour le PCQ.

Compte tenu des accusations de «complotisme» visant les partisans d’Éric Duhaime, elle avoue que se présenter pour son parti lui a «demandé énormément de courage», d’autant plus qu’elle a une carrière enviable qui l’a emmenée aux quatre coins du Québec.
 
«Dès le début de ma carrière, je ne me voyais pas rester dans ce système dysfonctionnel sans tenter de participer à sa transformation. […] Encore aujourd’hui, je ne me vois pas rester dans un système paralysé où les ordres professionnels ont des pratiques qui vont à l’encontre du bien commun», souligne la candidate qui a aussi autrefois travaillé pour le ministre Simon Jolin-Barrette.

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Outre le réseau de la santé qu’elle rêve d’améliorer, Jacinte-Eve Arel est surtout préoccupée par le traitement réservé aux enfants et ados durant la pandémie.
 
«Il y a des écoles au Québec qui se trouvent dans un état lamentable. C’est une situation inacceptable pour une société dite moderne et civilisée. François Legault parle d’un Québec plus fort et plus fier… ce n’est pas absolument pas le cas!», lâche la candidate.  
 
Comme Anne Casabonne, Jacinte-Eve Arel est consciente des défis que devra relever le PCQ pour former le gouvernement, mais croit qu’il faut «garder la flamme allumée», notamment pour porter la voix de ceux dont les idées ne cadrent pas avec le «discours dominant».