Un article de La Presse paru hier laisse présager le retour de mesures sanitaires pour la rentrée scolaire. Pour notre chroniqueur Félix Racine, il s’agit d’une possibilité réelle reflétant une gouvernance gérontocratique.
De prime abord, le titre de l’article semble rassurant puisqu’on y lit que le masque n’y sera pas obligatoire. Seulement, il suffit de poursuivre la lecture pour se rendre compte qu’il s’agit d’un énoncé trompeur.
Le masque ne sera pas obligatoire, «mais seulement si la situation demeure la même».
Autrement dit, il n’est pas impossible que le masque devienne obligatoire pour les élèves, et dès les premiers jours suivant la rentrée des classes. Après tout, le virus n’est pas statique, cela va de soi.
30 millions de masques
Ce n’est pas tout. Le ministère de l’Éducation du Québec entend acquérir plus de 30 millions de masques afin de se conformer aux «mesures sanitaires» qui sont à venir pour la nouvelle année scolaire.
Dans l’appel d’offres du gouvernement du Québec, on peut lire:
«Le Centre d'acquisitions gouvernementales (CAG) souhaite acquérir 30 millions de masques de procédures adultes de niveau 3 à la demande du ministère de l'Éducation du Québec (MEQ) afin que tous les centres de services scolaires et les établissements privés gouvernementaux sous la responsabilité du MEQ présents sur le territoire québécois puissent se conformer aux mesures sanitaires qui seront énoncées par la Santé publique relativement à la pandémie durant la période scolaire 2022-2023.»
Une quantité bien trop importante pour servir le peu d’étudiants qui souhaiteront le porter de leur propre gré.
En effet, ce ravitaillement laisse entrevoir un retour du masque obligatoire chez les jeunes, autrement dit de l’application de la norme du masque omniprésent et inconditionnel.
Après le relâchement estival plane à nouveau le spectre d’une forme de maltraitance envers notre jeunesse, déjà largement fragilisée par cette gestion insensible à leur égard.
Le directeur de la santé publique du Québec, le Dr Boileau, ne mâche pas ses mots. Il prophétise déjà l’avènement d’une huitième vague à réguler. Selon lui, la rentrée devrait inévitablement rimer avec une recrudescence des cas.
Rassurer l’électorat anxieux
Le plus scandaleux dans cette histoire est que les enfants ne présentent presque aucun risque de complications dues au virus, à l’exception d’une portion très marginale et non représentative.
Le fait de vouloir leur imposer à tout prix le masque ainsi que la vaccination à répétition relève surtout d’une volonté de rassurer des clientèles fragilisées, notamment âgées et votant en majorité pour la CAQ.
Ces gens anxieux n’ont aucun scrupule à saborder le développement de l’enfant et à alourdir sa condition psychologique, en autant que des mesures soient prises afin de ressentir cette chaleur que procure la sainte sécurité.
Autrement dit, ces gens pensent avant tout à leur propre intérêt et sacrifient ceux des enfants. Une iniquité générationnelle qui révèle un choc démographique.
Gouvernance gérontocratique
Derrière l’égoïsme du régime gérontocratique se cachent aussi des desseins collectivistes.
Certains «experts» et idéologues n’hésitent pas à préconiser à nouveau le masque dans les classes, le «bien commun» devant primer sur tout le reste.
La crise sanitaire n’est-elle pas avant toute chose un choc des valeurs? Seulement, le Québec a-t-il appris des leçons de ces deux dernières années?
Les retards en termes de développement ainsi que les problèmes de santé mentale chez les enfants québécois sont criants et documentés. Ces retards ne sont pas des lubies.
Alors que le système scolaire nivelle fatalement vers le bas depuis des années, devons-nous alourdir encore plus la pression sur les épaules de nos enfants?
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Nous ne devons pas niveler par le bas, mais bien relever la pente et aspirer à devenir plus forts. Nous devons inculquer à notre jeunesse des vertus de bravoure, d’intelligence et de bienveillance.
Le cadre asphyxiant du sanitarisme est contraire au sain développement des enfants.
Les prochaines semaines à venir seront cruciales, puisqu’elles verront probablement naître un huitième vague et donneront le ton aux prochaines élections provinciales.
Un plébiscite électoral en faveur de la CAQ serait désastreux pour l’avenir du Québec. Celui qui n’apprend pas de ses erreurs est condamné à revivre le même scénario, voire pire.











