Mark Carney: faux conservateur, vrai opportuniste

Le chef du Parti libéral du Canada, Mark Carney, verse une pinte alors qu'il fait campagne dans un pub à Halton Hills, en Ontario. Phot: Cole Burston pour l’AFP.

Mardi le 1 avril 2025, à 13:40

Mark Carney emprunte aux conservateurs ce que son parti a toujours combattu. Il se réclame du changement, mais porte la continuité libérale.

 

Le Canada aurait dû depuis longtemps se rendre moins dépendant des États-Unis. Mettre tous ses œufs dans le même panier n’est pas sage. Mais nous transigeons avec notre premier client et ami depuis 157 ans (Confédération) et partageons avec lui la plus grande frontière au monde.

 

Nous avons une géographie que le monde entier envie depuis toujours, aux portes de la plus grande puissance économique et militaire de la planète.

 

Certes, la crise que nous vivons n’est pas qu’un irritant dans cette relation, mais nous devons agir de manière responsable.

 

Trump ne sera pas éternel

 

Travaillons à enlever les barrières au commerce interne canadien tout en diversifiant nos marchés, mais ne rompons pas tous nos liens à jamais avec les Américains. Ils seront toujours là quand Donald Trump sera parti. Il faut riposter avec force, mais à terme, tirer le meilleur de cette relation unique.

 

 

Pendant 10 ans, les libéraux ont fait le contraire de ce qu’ils proposent aujourd’hui.

 

 

À ce titre, la déclaration de Mark Carney selon laquelle la relation du Canada avec les États-Unis est terminée est complètement irresponsable et dangereuse, en particulier venant d’un premier ministre non élu.

 

Au moment où nous avons besoin d’un grand patriote canadien pour nous représenter, nous devons nous contenter d’un premier ministre non élu, qui vient tout juste de déménager sa compagnie de Toronto à New York, qui possède trois passeports, qui a payé ses impôts à l’étranger une bonne partie de sa vie, qui a vécu hors du Canada pendant 20 ans et qui se dit Européen.

 

Quel cadeau pour Donald Trump qui cherche à nous affaiblir!

 

Un appel nébuleux entre Trump et Carney

 

Ne soyons pas naïfs: la détente apparente à la suite de l’appel entre Mark Carney et le président Trump cache quelque chose. Nous en savons peu sur ce qui s’est dit.

 

Le libellé de la «nouvelle» entente économique et sécuritaire laisse entendre qu’une concession importante a été faite en échange de cette détente. Les Canadiens sont en droit de savoir ce que Mark Carney a réellement cédé lors de cet échange.

 

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Bien sûr, les politiques et le ton de Donald Trump préoccupent de nombreux Canadiens, déjà éprouvés par l’inflation et la hausse du coût de la vie dans tous les domaines: logement, épicerie, essence.

 

Le Canadien moyen doit encaisser une instabilité sans précédent, créée par les tarifs et les attaques protectionnistes de l’administration Trump. Mais pourquoi sommes-nous dans une position de faiblesse au départ?

 

Du pareil au même 

 

Dix ans de politiques libérales ont plongé le Canada dans une impasse: la dette a doublé, les libéraux ont perdu le contrôle de l’immigration, de nos frontières, et le Canadien moyen peine à joindre les deux bouts.

 

Mark Carney a conseillé Justin Trudeau en appuyant les mêmes orientations économiques. Aujourd’hui, avec Mark Carney, ce même gouvernement libéral prétend vouloir défendre la classe moyenne et rebâtir le pays! Ne tombons pas dans le panneau.

 

 

 

 

Pour renforcer l’économie canadienne, redonner de la fierté aux citoyens et rendre la fédération moins dépendante des États-Unis, il faut du vrai changement et des politiques pour le soutenir.

 

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L’annonce de Pierre Poilievre sur la création d’un corridor énergétique est une mesure concrète et audacieuse en ce sens, tout comme celle qui permettra aux Canadiens de reporter l’impôt sur les gains en capital s’ils réinvestissent ces gains au Canada.

 

Autres propositions conservatrices: abroger la tarification fédérale du carbone pour les émissions industrielles et offrir plutôt des crédits d’impôts au manufacturier vert, des baisses d’impôts sur les revenus de 15% qui donneront de l’oxygène aux familles et des subventions à la formation pour les métiers. Des mesures concrètes et adaptées aux besoins actuels du marché du travail.

 

Fausse représentation

 

Certes, Mark Carney a emprunté quelques-unes de ces idées conservatrices, mais pendant 10 ans, les libéraux ont fait le contraire de ce qu’ils proposent aujourd’hui. Comment leur faire confiance?

 

Entre la copie et l’original, on devrait choisir l’original en élisant Pierre Poilievre et les conservateurs au gouvernement.