Pour notre rédacteur en chef, le Québec est devenu une réglocratie malade où la multiplication des interdits bureaucratiques tend à éteindre toute vitalité. Le week-end dernier, le Grand Prix de Montréal a fait les frais de ce courant puritain.
L’interdiction des concerts de Mario Pelchat sur son vignoble et l’évacuation surprise de terrasses de Montréal en plein Grand Prix, le week-end dernier, illustrent bien ce qu’est devenu le Québec: une réglocratie malade, une société où la multiplication des règles camoufle mal la pulsion de mort qui l’habite.
Telle une police politique venue mater les opposants du régime, le Service de sécurité incendie de Montréal est débarqué dans quatre restaurants pour ordonner sur le champ l’évacuation de leurs terrasses, au motif qu’elles ne respectaient pas «les normes de sécurité».
Voyez notre reportage sur «le Grand Prix de la honte»
Voulant faire un exemple sous les projecteurs de la F1, les autorités n’ont pas hésité à expulser de nombreux touristes comme s’il s’agissait de mineurs pincés très tard dans une discothèque, faisant de Montréal la vitrine avant-gardiste du nouveau puritanisme social.
Symbole du Mal
Tous les moyens sont rendus bons pour nuire à un Grand Prix devenu le symbole du Mal, dans une métropole transformée cette fin de semaine maudite en Babylone de la Bible, creuset de toutes les dépravations écologiques (pétrole), capitalistes (luxe), et masculinistes (femmes).
Il ne s’agit évidemment pas de cautionner le marché honteux de la prostitution que fustigent des criminologues comme Maria Mourani, mais de réaliser que le Grand Prix canalise de manière assez puérile toutes les frustrations d’une gauche friande d’ingénierie sociale et de formatage des esprits.
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Sommet «pétro-masculiniste», il faudrait sacrifier le Grand Prix sur l’autel de la Décroissance pour nous purifier et apaiser la colère des éco-divinités. Pour la chroniqueuse Laure Waridel, l’événement incarne non seulement «notre bêtise humaine», mais «notre mépris de la vie», y compris celui «des femmes et de la nature». Quand même!
Séquelles pandémiques
Comme je l’ai souligné durant notre récente conférence que nos abonnés peuvent visionner ici en intégralité, il y a un avant- et un après-pandémie.
En rompant avec le libéralisme en tant que paradigme dominant, cette sombre période a inauguré une nouvelle ère marquée par un contrôle social accru.
Les gouvernements ne manquent pas d’exploiter ce besoin d’encadrement réconfortant exprimé par des citoyens anxieux et mentalement façonnés par les médias.
Le Québec est maintenant cette société morne où une caste de parasites justifie son existence confortable en multipliant les interdits au nom de la religion sécuritaire, cette société où l’intolérance aux autres et à la joie qu’ils expriment est présentée sous le signe de la «tempérance».
Une société de confinement
Dans cette société de confinement Netflix et de randonnées tranquilles où les réjouissances populaires sont vues comme des excès démodés, la population est traitée comme du bétail à encadrer et s’il le faut, à réprimer pour sa propre «sécurité», selon une conception autoritaire de l’ordre public.













