Dans ses mémoires, Jocelyn Coulon revient sur sa prolifique carrière de journaliste et de conseiller politique, en même temps que sur 50 années de déclin du Canada sur la scène internationale. Nous l’avons reçu aux grandes entrevues.
«Il y a cinquante ans, le Canada avait une véritable identité internationale. Il était reconnu et […] c’était un vrai pays du G7 […]. Malheureusement, je crois que le déclin a commencé avec l’élection des conservateurs de Stephen Harper en 2006, parce que ce dernier était essentiellement tourné vers les États-Unis, ce qui a toujours été en politique étrangère canadienne un danger», explique notre invité.
Esprit libre
Ex-journaliste, chercheur indépendant et ex-conseiller du ministre des Affaires étrangères Stéphane Dion en 2016-2017, Jocelyn Coulon est l’un des plus fins, mais surtout l’un des plus libres observateurs de la scène internationale au pays.
Dans ses mémoires intitulés Le Cours de l’histoire (Somme Toute/Le Devoir), il revient sur son intense carrière, une période durant laquelle il a assisté aux premières loges à ce qu’il considère être la chute du Canada hors du système international.
Place au Sud global
Il persiste et signe: après 2015, Justin Trudeau a rompu sa promesse électorale de refaire du Canada un acteur de premier plan dans le monde. Face à un pays qui se résigne à assumer son caractère «insulaire» et qui peine à sortir de son «confort», Jocelyn Coulon observe l’émergence de puissances alternatives au potentiel largement sous-estimé.
À voir aussi: Les BRICS à la conquête du monde
«Après la chute du mur de Berlin, l’événement géopolitique le plus important depuis 20 ou 25 ans est l’émergence du Sud global. En Occident on ne se rend pas compte de ce qui se passe ailleurs. […] Aujourd’hui les BRICS écrivent l’histoire», assure-t-il.










