La CAQ est-elle encore la championne du nationalisme?

De gauche à droite: Éric Girard, le ministre des Finances du Québec, François Legault, le premier ministre du Québec et Geneviève Guilbeault, la ministre québécoise de la Sécurité publique. Photo: page Facebook officielle de François Legault.

Mercredi le 14 septembre 2022, à 10:00

Depuis son arrivée au pouvoir, la CAQ se définit comme la première force nationaliste au Québec. Des observateurs estiment que sa politique sanitaire a gravement nui à la nation québécoise, mais ce n’est pas l’avis du politologue André Lamoureux.


«Lors de son premier discours d’ouverture, François Legault se définissait comme un nationaliste rassembleur. C’était son thème de prédilection. La CAQ affirme qu’elle est la formation politique de la cohésion nationale», rappelle le politologue André Lamoureux avec Libre Média. 

C’est dans cette optique que le premier ministre Legault a fait adopter, durant son premier mandat, les lois 21 et 96 afin pour que le Québec devienne un État plus laïc et renforcer le fait français. 


Gouvernement nationaliste, mesures nationalistes?


La première mesure nationaliste que le gouvernement Legault a adoptée est la loi 21 sur la laïcité de l’État. 

Rappelons qu'en juin 2019, la CAQ a proclamé l’interdiction du port de signes religieux pour les agents de l’État en position d’autorité, c’est-à-dire pour les juges, les enseignants, les membres des directions d’école, les policiers et les gardiens de prison.

André Lamoureux se réjouit toujours que le gouvernement Legault ait décidé d’agir dans ce dossier qui s’imposait dans les débats depuis plus de dix ans.

Par contre, le politologue estime que la loi 21 est trop modérée et que le gouvernement Legault aurait pu imposer une laïcité plus ferme, ce qui consoliderait davantage son nationalisme. 

«On aurait pu aborder la question du port de signes religieux pour les députés. Je crois aussi que tous les travailleurs des écoles du Québec devraient respecter une stricte neutralité religieuse et ainsi ne pas porter des signes religieux à leur travail», insiste-t-il en entrevue. 

Le français toujours en déclin


Depuis des années, on peut constater le déclin du français au Québec. Selon les données du dernier recensement de Statistique Canada, le poids démographique de la majorité francophone est passé de 79% à 77,5% en seulement cinq ans, de 2016 à 2021. On peut observer cette tendance depuis 2001. 

Face à cette réalité linguistique, le gouvernement Legault a élaboré une loi pour freiner la chute du fait français au Québec, la législation 96. Cette dernière proclame que le français est la langue officielle du Québec et impose certaines restrictions concernant la fréquentation des cégeps anglophones. 

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Mais pour André Lamoureux, la mesure la plus importante pour freiner le déclin de langue de Molière est toujours absente de la législation caquiste. 

«Selon moi, il y a un gros point fondamental qui manque dans cette législation et c’est l’imposition de la loi 101 aux cégeps. Il faut souligner que le français est en régression, car l’anglais représente un pouvoir d’attraction immense chez les nouveaux arrivants et même chez les francophones dans le cas des études collégiales», déplore-t-il.

Un nationalisme sanitaire?


Selon des observateurs tels que Claude Simard et Jérôme Blanchet-Gravel, François Legault a nui énormément au nationalisme québécois en imposant des mesures sanitaires liberticides aux Québécois. Par exemple, il y aurait une grande contradiction dans le fait d’interdire les célébrations de groupe comme Noël et à prétendre vouloir protéger la culture québécoise. 

De même, le lien social et familial indispensable au maintien d’une nation forte et cohérente aurait été rompu par le gouvernement Legault. 

Dans la population, ils sont nombreux à penser que le gouvernement caquiste a, pendant deux ans, étouffé la nation québécoise avec des mesures draconiennes comme le confinement, le passeport vaccinal et le couvre-feu. Ce n’est pas du tout l’avis d’André Lamoureux.

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«Je dirais que globalement, le gouvernement Legault a su unifier la nation derrière ses actions, sinon le score de la CAQ dans les sondages ne serait pas ce qu’il est présentement en pleine campagne électorale», observe l’enseignant en science politique. 

Pour le politologue, le fort appui populaire de la CAQ dans les sondages montre ainsi que les Québécois restent en majorité satisfaits de sa gestion de la pandémie. Des sondages en partie démentis le 3 octobre?