Feux de forêt: Yahoo News rate la cible avec l’affaire Charlebois

L'incendie de forêt de McDougall Creek fait rage dans les collines de West Kelowna, en Colombie-Britannique, le 17 août 2023, vu de Kelowna. Photo: Darren HULL pour l’AFP.

Mercredi le 23 août 2023, à 18:00

Une publication de Sylvain Charlebois alias «The Food Professor» à propos des feux de forêt à Kelowna crée la polémique. Est-il «climato-sceptique» comme le sous-entend Yahoo News? Entrevue avec le principal intéressé.

 

Le 20 août dernier, le professeur Sylvain Charlebois a publié sur X des photos qui comparent les feux de forêt à Kelowna en 2003 et en 2023. La publication du directeur du Laboratoire analytique Agri-Food de l’Université de Dalhousie a fait boule de neige et approche le million de vues.

 

 

Le lendemain, Yahoo News a fait paraître un article plutôt tendancieux, dans lequel la journaliste Tuvana Sahinturk affirme que le statut de Charlebois suggère que les deux situations à 20 ans d’intervalle «ne sont pas si différentes».

 

Elle renchérit plus loin dans le texte en écrivant que plusieurs internautes «avaient rapidement embarqué dans le train et supportaient sa théorie».

 

Le hic, c’est que la journaliste n’a pas contacté Sylvain Charlebois pour connaître son point de vue et ses intentions réelles avec cette publication. Une démarche que Libre Média a effectuée pour tirer la situation au clair.

 

Partisanerie  

 

Le professeur de Dalhousie a voulu ouvrir le dialogue sur les changements climatiques avec ce statut, mais aussi sympathiser avec les habitants de Kelowna qui sont durement frappés par le sinistre.

 

«C’est la suite que j’ai trouvé bizarre», souligne Sylvain Charlebois, précisant que la façon de faire de la journaliste avait été «cavalière», puisqu’elle ne l’a même pas contacté pour connaître son point de vue.

 

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L’article de Yahoo News a extrapolé la signification du statut. «Le post que j’ai fait contient quatre ou cinq mots», dit-il. D’ailleurs, Charlebois n’est pas tendre à l’égard de la démarche de la journaliste.

 

«Il y a un manque de rigueur journalistique», déplore le professeur de Dalhousie. «La journaliste cite l’Institut climatique du Canada qui a été lourdement financé par les Libéraux sans appel d’offre. Il y a de la partisanerie derrière ça, parce que plusieurs personnes de cette organisation sont d’anciens Libéraux», ajoute-t-il. En effet, l’Institut a obtenu 20 millions de dollars sur cinq en 2020.

 

Le poids de l’idéologie

 

Sylvain Charlebois souligne qu’il y a de la partisanerie des deux côtés du spectre politique avec l’enjeu des changements climatiques, ce qu’il déplore.

 

«J’essaie toujours de nuancer les choses. Ce n’est jamais complètement noir ou blanc». «Des gens ont un agenda et promeuvent leurs propres publications, sans qu’elles ne soient supportées par la science», précise-t-il.

 

M. Charlebois soutient que les changements climatiques sont «la plus grande menace à notre agriculture et à notre secteur alimentaire».