Selon le chroniqueur Félix Racine, la France vient de nous prouver que les institutions parlementaires restent un outil efficace pour protéger nos droits et libertés. Mais encore faut-il le vouloir.
«La pandémie de Covid-19 est loin d’être finie», a affirmé cette semaine le directeur général de l’OMS, le docteur Tedros Adhanom Ghebreyesus. Rien pour nous rassurer, devrait-on se dire.
Pourtant, alors que le Québec est censé traverser sa septième vague, il semblerait que les «mesures populationnelles» ne soient pas à l’ordre du jour selon la Santé publique du Québec. Une surprise en la matière, sachant que les cas recensés semblent plutôt nombreux et que la propagation est qualifiée de virulente.
Comment démêler ce curieux paradoxe?
Comment démêler ce curieux paradoxe?
Le facteur politique
Nous ne cesserons de le répéter: le facteur politique pèse constamment dans la balance. Il suffit de le constater en France, où un projet de loi concernant des dispositions sanitaires a été rejeté par les oppositions parlementaires, l’amputant triomphalement de la moitié de ses articles.
Le gouvernement d’Élizabeth Borne, la première ministre nommée par Emmanuel Macron, n’ayant pas de majorité absolue à l’Assemblée nationale, est désormais restreint dans sa capacité d’imposer des mesures sanitaires aux frontières.
Ce sont les forces de gauche et de droite qui, coalisées par les circonstances, ont ainsi permis de freiner une résurgence du sanitarisme. Une alliance qui, il y a peu de temps, aurait pu être impensable compte tenu des tensions partisanes à l’œuvre.
Un nouveau clivage
La France nous offre donc une leçon en deux temps. Tout d’abord, elle nous rappelle que, malgré la jovialité de cette période estivale, l’épée de Damoclès du sanitarisme n’est jamais très loin.
Sur une note plus positive, elle nous confirme également l’émergence de nouveaux camps politiques, soutenus par des éléments sociaux disparates qui ont toutefois en commun d’être pour ou contre le régime sanitariste.
Plutôt que de verser dans la pureté doctrinale des chapelles, des groupes sociaux autrefois opposés acceptent de s’associer sous l’égide d’une cause commune, consubstantielle au mode de vie que nous souhaitons préserver ou dissoudre.
Une leçon pour le Québec
Cette leçon politique en provenance de l’Hexagone nous ramène inévitablement aux élections provinciales qui se dérouleront le 3 octobre prochain.
Le résultat par les suffrages aura un impact direct sur les mesures sanitaires à venir, la CAQ de François Legault ayant prouvé par de nombreux exemples qu’elle gouvernait notamment en fonction des sondages. Une élection n’est-elle pas le sondage absolu?
Certains signaux venant du fédéral – comme l’approbation d’un vaccin pour les enfants de moins de 5 ans ou le resserrement des mesures aux frontières – nous laissent penser que le Québec n’est pas à l’abri d’une nouvelle vague de mesures liberticides.
Il suffit que la propagande médiatique redémarre et insuffle à nouveau un sentiment d’épouvante afin que le désir d’encadrement sanitaire ressurgisse de toutes ses forces. Dans cette perspective, nos libertés ne tiennent qu’à un fil.
Restons vigilants
C’est pourquoi, loin de baisser la garde, il faut plutôt s’assurer que la menace sanitariste demeure hors d’état de nuire.
Aussi sceptiques pouvons-nous être devenus en la démocratie représentative depuis la pandémie, la France nous fournit un brillant exemple qu’une résistance parlementaire peut être synonyme de protection des libertés.
Il va de soi qu’il ne s’agit pas d’un système parfait ni du «meilleur des mondes», tel qu’identifié par le philosophe Leibniz. Seulement, nous devons utiliser tous les outils à portée de main pour faire entendre notre point de vue, et l’appareil législatif en est un.
Nous savons que le puritanisme est en vogue sous diverses formes au Québec et ailleurs en Occident. Conséquemment, nous devons faire en sorte que, plus jamais, la loi et l’arbitraire ne viennent écraser notre désir le plus élémentaire de vivre et de s’épanouir.












