Au moment où 30 millions de masques sont acheminés dans les écoles, il est impératif de miser sur l’activité physique plutôt que de revenir à des mesures sanitaires.
«Continuons», tel est le slogan qu’a choisi la CAQ pour la campagne électorale en vue des élections du 3 octobre. Doit-on le prendre comme une parodie ou au sens littéral?
Le choix de ce slogan donne presque la chair de poule. Recommencer les confinements, les couvre-feux, les passeports vaccinaux, les masques obligatoires, les commerces et gymnases fermés, les menaces et la division?
Le tout saupoudré d’une ambiance totalitaire? Une dystopie bien lugubre qui ne doit assurément pas se reproduire.
Le tout saupoudré d’une ambiance totalitaire? Une dystopie bien lugubre qui ne doit assurément pas se reproduire.
Dans les circonstances, on se demande qui est le stratège derrière un choix de mots aussi douteux.
Cibler l’électorat
Le slogan est cauchemardesque, mais son choix s’inscrit tout de même dans une fine stratégie dont le but est de cibler une clientèle fidèle à François Legault.
Majoritairement âgés et plutôt anxieux, ces électeurs représentent le principal groupe auquel s’adresse le premier ministre. «Il n’aurait pas pu faire mieux», tel est le credo qui justifie tous les abus commis au nom de la santé publique durant la pandémie.
Pour l’instant, François Legault refuse de débattre et apparaît le moins possible dans l’espace public. Maladroit, le premier ministre sortant doit être bien conscient que de s’exposer risque de déclencher des situations qui pourraient lui nuire.
On se souvient de son bref passage sur la scène de la Fête nationale du Québec à Repentigny, lorsqu’il a été hué par des dizaines de citoyens mécontents.
Ces images virales avaient bien démontré que la gestion de la crise sanitaire n’avait pas fait que des heureux, bien au contraire. Un grand nombre de citoyens sont en rupture avec la vision du premier ministre, mais aussi avec l’establishment dans son ensemble.
Au provincial, la plupart des gens qui ne se reconnaissent plus dans la classe politique se joignent au PCQ d’Éric Duhaime.
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Dans ce parti se trouvent forcément des citoyens qui n’avaient peut-être pas l’intention de s’impliquer en politique active, jusqu’au jour où la politique est venue s’immiscer dans leur vie privée et leur quiétude, causant un traumatisme qui n’est pas réparé.
Le sport au lieu du sanitarisme
Supposément le parti d’une seule cause (la libârté...), le PCQ se démarque sur plusieurs plans, notamment avec une ambitieuse proposition de valoriser l’activité physique chez les jeunes grâce à une panoplie de mesures incitatives.
En effet, la CAQ n’a pas un seul instant valorisé l’activité physique durant la pandémie, allant jusqu’à glorifier la sédentarité tout en fermant les salles d’entraînement. Le vaccin et la distanciation sociale étaient les seules manières de protéger notre santé, une absurdité sur le plan scientifique.
La séance d’entraînement d’Éric Duhaime avec George Saint-Pierre démontre au contraire un appui significatif de la communauté sportive envers le PCQ, les valeurs de bien-être physique et mental n’ayant pas survécu au bulldozer du sanitarisme.
Au moment où de gigantesques cargaisons de masques se dirigent vers les institutions scolaires, il est impératif de renverser la vapeur et de miser sur l’activité physique plutôt que de prôner la prison sanitaire.
De vieux partis fatigués
Qu’en est-il des oppositions? Le PLQ, autrefois une redoutable machine de pouvoir, est désormais le parti le moins bien financé.
Du côté du PQ, mêmes signaux d’alerte: le parti court le risque d’être pratiquement rayé de la carte le 3 octobre.
Seul QS semble subsister à sa façon, notamment en misant sur l’idéalisme, son slogan «changer d’ère» ayant des airs de révolution socialiste latente. Un plan pour le moins questionnable compte tenu de la place déjà monstrueuse que prend l’État au Québec, territoire le plus taxé et régulé en Amérique du Nord.
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Dans les circonstances actuelles, une déréglementation intelligente semble beaucoup plus appropriée du point de vue des droits et libertés, un projet que rejette la base électorale de QS, misant sur encore plus d’étatisme dans une logique circulaire et contreproductive.
Lutte à trois
La campagne électorale sera donc surtout une lutte à trois, avec une CAQ prête à tout pour conserver le pouvoir et flatter sa base électorale, un PCQ qui concentre la grogne populaire afin d’effectuer une réforme du régime et QS qui préconise plus d’État et d’interventionnisme à des fins dites de justice sociale.
Il sera intéressant de voir de quelle façon se manifestera le vote du PCQ, que ce soit en termes de pourcentage global, mais aussi en termes de députés, les conservateurs aspirant à former une opposition quasi inexistante durant la pandémie.
On peut anticiper qu’une défaite majeure pour le PCQ amplifierait le sentiment de dépossession des citoyens qui ne se sentent pas représentés dans l’échiquier actuel, ce qui engagerait sans doute une discussion sur le système électoral en vigueur.











