Un Batman aveugle aux causes profondes de la violence et du désenchantement ambiant, c'est le personnage que dépeint notre journaliste Henri Chevalier après avoir vu le dernier long-métrage consacré à son personnage.
Derrière ses scènes d’action cadrées à la perfection, marquées par des violences urbaines inédites, The Batman de Matt Reeves dévoile un Gotham City rythmé par la pluie et la nuit, par le crime et la corruption, mais aussi par l’indifférence de l’homme chauve-souris face à la violence sociale de Gotham City.
L’un des éléments centraux de The Batman est l’addiction chez Bruce Wayne de frapper les petits criminels de Gotham en enfilant la nuit le costume de son légendaire personnage. Mettre fin au crime par le crime devient le mot d’ordre de Batman, au point de devenir une obsession aussi vide que sadique qui conforte son égo et lui apporte plaisir et vengeance.
Le protagoniste est démuni de toute empathie envers ces criminels amateurs, de peur de les victimiser ou de réaliser que la source de ce mal est autre part, chez les élites corrompues de Gotham. En effet, tout au long du film, les révélations sur les politiciens corrompus de Gotham ne laissent aucun sentiment d’indignation chez ce soi-disant justicier, indifférent à toute injustice sociale.
Le protagoniste est démuni de toute empathie envers ces criminels amateurs, de peur de les victimiser ou de réaliser que la source de ce mal est autre part, chez les élites corrompues de Gotham. En effet, tout au long du film, les révélations sur les politiciens corrompus de Gotham ne laissent aucun sentiment d’indignation chez ce soi-disant justicier, indifférent à toute injustice sociale.
Justicier sans justice
The Batman permet aux spectateurs de nos temps modernes caractérisés par des crises sociales inouïes de découvrir, à travers le personnage de Batman, le portrait d’une personne dénuée de toute conscience sociale, qui ne cherche qu’à réduire le crime à néant plutôt que de le comprendre dans un lourd contexte de mal-être sociétal. Ses actions incarnent une riposte sécuritaire à l’ensauvagement et à la paupérisation de la société plutôt que de refléter une recherche de compréhension de la problématique.
Batman est l’homme qui refuse de réfléchir au-delà du caractère sensationnel du crime et de reconnaître l’épidémie de violence à Gotham comme symptôme d’une ville malade. Il refuse de remettre en question le statu quo.
C’est le même portrait qu’on voit chez certaines de nos élites: en France, c’est le journaliste qui s’indigne du grabuge des Gilets jaunes, mais qui refuse de tenir compte de l’augmentation fulgurante du prix de la vie et de l’emprise des grandes banques sur le quotidien des petites gens.
C’est le même portrait qu’on voit chez certaines de nos élites: en France, c’est le journaliste qui s’indigne du grabuge des Gilets jaunes, mais qui refuse de tenir compte de l’augmentation fulgurante du prix de la vie et de l’emprise des grandes banques sur le quotidien des petites gens.











