Pour une immigration à échelle humaine

Des migrants regardent un patrouilleur des garde-côtes français s'approcher du navire de sauvetage Ocean Viking, le 10 novembre 2022 en mer Tyrrhénienne. Photo: Vincenzo Circosta pour l’AFP.

Lundi le 14 novembre 2022, à 17:00

Pour bien des pays, l’immigration de masse est une fuite en avant économique et démographique, estime l’animateur et chroniqueur Guillaume Ratté-Côté.

 

L’immigration massive n’a rien d’une panacée économique. 

 

C’est pourtant simple: les immigrants commandent plus de ressources que les «natifs» pour une communauté.

 

Or, il suffit de le rappeler pour générer des accusations farfelues de xénophobie qui, une fois portées, colleront, même si elles peuvent être facilement démenties. 

 

Pour les «progressistes» contemporains, moins d’immigration veut dire plus de racisme, dans une logique fallacieuse qui ne leur fait pas honneur.

 

Il existe pourtant des façons simples de contrer ce discours, comme articuler de façon cohérente l’expression d’un amour sincère de toutes les cultures. D’une réelle volonté d’accueil et d’obtention d’une certaine hétérogénéité sociale. Et de le répéter. 

 

Ainsi, vouloir une immigration pour les bonnes raisons deviendrait l’opposition naturelle à ce qui s’apparente depuis un moment à une instrumentalisation humaine à grande échelle.

 

Se servir ainsi de populations vues comme interchangeables n’apporte aucune réelle plus-value économique à la terre d’accueil, et encore moins à la terre d’émigration. 

 

Des marchandises humaines 

 

Les «progressistes» contemporains ont inventé un type d’immigration qui, dans les faits, génère des mouvements gigantesques dont seuls profitent les opérateurs de grandes entreprises. Une immigration de bras ambulants qu’on voudrait importer en masse, comme de vulgaires marchandises.

 

Au contraire, il nous faut une immigration à échelle humaine, basée sur des valeurs de partage et d’enrichissement mutuel.

 

L’écrasante majorité de l’électorat serait en mesure de s’identifier à cette vision. Ainsi, les gens n’auraient plus à se sentir tiraillés entre la crainte de la disparition de l’héritage «de souche», difficilement avouable mais présent, et leur volonté sincère d’être ouverts et accueillants.

 

Il est grand temps que les conservateurs apprennent eux aussi à traiter l’immigration à la fois de manière rationnelle, généreuse et décomplexée.

 

Les maux du déracinement  

 

Car la véritable ouverture n’est pas de déraciner des peuplades entières comme on le voit dans plusieurs régions latino-américaines et comme on l’a vu en en Syrie récemment. 

 

C’est de véritablement accueillir l’Autre. Et de respecter un tant soit peu le tissu social à l’origine de la société la plus attirante, et à la fois la plus accueillante que l’humanité ait pu engendrer. Il en va du devenir de l’Occident et de la civilisation en général.

 

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Autrement, il y aura toujours un mal-être, une incertitude et une insécurité identitaire pouvant causer de vives agitations et de graves problèmes. Mal abordée ou négligée, la question peut être une source d’intolérance et de désagréments gênants.

 

Alors vive l’immigration! Mais pour continuer à évoluer! Pas pour une supposée croissance économique. Pas dans une spirale sans fin et selon des paramètres où l’apparence de vertu fait foi de tout. 

 

Disons-le clairement et sans gêne: nous voulons une immigration à échelle humaine.