Jérôme Blanchet-Gravel souhaite à tous les Québécois d’ignorer le climat de peur alimenté par les grands médias et la santé publique et de célébrer en famille, en paix et dans la joie des moments qui peuvent ne jamais revenir.
On voudrait imaginer le scénario d’un film de science-fiction qui présenterait une société où la peur gère les moindres aspects de la vie, et l’état du Québec nous paraîtrait exagéré.
Impossible. C’est trop gros. Trop caricatural.
La tragicomédie québécoise
Depuis la ville de Mexico où je me trouve, pas un jour ne passe sans qu’une nouvelle battant des records d’insignifiance vienne me sortir de l’état d’esprit tout autre qui caractérise le Mexique, sans qu’un grand titre du genre «Un samedi enneigé au Québec» vienne me rappeler que plusieurs de mes compatriotes n’ont plus d’autre projet que d’attendre la mort collective. Quelle tristesse.
C’est le règne des #GrandsEnjeux, la tyrannie du quotidien. On croirait que l’univers mental d’un Québécois scotché devant sa télévision et les points de presse du gouvernement Legault va de la porte de garage au cabanon.
En Occident mais au Québec en particulier, l’insignifiance des grands médias est parfois devenue si grande qu’on pourrait croire qu’un complot a été élaboré pour abrutir la population et l’empêcher de réfléchir sur les grandes transformations en cours.
Par exemple: les impacts de la révolution numérique et la préparation d’une société de contrôle où le caractère limité des ressources naturelles légitimerait des rationnements.
On pourrait aussi parler de la crise migratoire en Amérique et ailleurs, de la guerre en Ukraine et de l’élargissement à venir de l’aide médicale à mourir, dont le Québec est devenu le champion du monde. Les vrais sujets ne manquent pas.
Un État-CPE
C’était prévisible: à l’approche des Fêtes, les grands acteurs du Québec aseptisé se sont lancés dans une croisade contre Noël, une fête maintenant présentée comme inutile et dangereuse, comme une vieille tradition dépassée à encadrer sinon éviter.
Le 10 décembre, le Journal de Montréal a lancé les hostilités en publiant un guide destiné à nous aider à affronter le temps des fêtes. Quelle épreuve. Parmi les dix conseils, on retrouve celui de se placer en quarantaine préventive avant d’assister à un party de Noël et celui d’ouvrir les fenêtres ou la hotte en présence d’invités.
«Et s’il fait trop froid, ouvrez la hotte de la cuisine et faites marcher la ventilation dans la salle de bain», poursuit-on.
Après deux Noëls annulés grâce à la version sanitariste de la cancel culture, il fallait bien trouver quelque chose pour tenter de dissuader ce pauvre peuple atomisé de se réunir.
Peur d’avoir peur
Il y a quelques jours, Jacques Lapierre, un virologue à la retraite, a conseillé sur LCN d'éviter les buffets froids et de préférer les repas chauds durant les fêtes, car «le virus n'aime pas la chaleur».
Aujourd’hui le 20 décembre, l’Association des microbiologistes du Québec a publié un communiqué repris dans les médias pour rappeler aux citoyens qu’ils devaient «conserver adéquatement leurs repas du réveillon pour éviter les risques d’empoisonnement alimentaire», selon les mots de TVA.
Le communiqué précise que les aliments doivent être conservés entre 0° et 4°C, sans quoi ils deviennent «un milieu favorable à la croissance des bactéries». Terrifiant, surtout pour moi qui ici, comme des millions de personnes, mange souvent dans la rue.
Puis hier, les Québécois ont aussi été avertis qu’un «intense système dépressionnaire» toucherait le Québec durant la fin de semaine de Noël, comme quoi il vaut toujours mieux rester chez soi pour écouter Netflix.
Pourquoi risquer sa vie pour aller voir des proches et sa famille, cette communauté inutile composée de gens remplis de microbes?
À lire aussi: 2022 dans l’œil de Jérôme Blanchet-Gravel
Chers amis, chers lecteurs, pour Noël 2022, je vous souhaite d’ignorer le climat de peur alimenté par les grands médias et la santé publique et de célébrer en famille, en paix et dans la joie des moments qui peuvent ne jamais revenir.











