Violences en France: les réseaux sociaux pointés du doigt

Des policiers en tenue antiémeute chargent des manifestants lors d’une mobilisation lycéenne contre les mauvaises conditions d’enseignement, à Paris, le 13 octobre 2026. Photo: Lou Benoist / AFP.

Mardi le 20 octobre 2026, à 09:25

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Violences en France: les réseaux sociaux pointés du doigt
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Après les violences et pillagages du week-end en France, Gabriel Attal, candidat de Renaissance à la présidentielle, réclame un blocage ciblé des réseaux sociaux. Leur rôle exact dans les violences reste toutefois difficile à établir.

 

Après les pillages et dégradations survenus dans plusieurs villes de France ce week-end, les réseaux sociaux se retrouvent au cœur du débat politique. Plusieurs responsables les accusent d’avoir facilité les violences, mais leur rôle exact reste difficile à évaluer.

 

Le candidat de Renaissance à la présidentielle, Gabriel Attal, a plaidé lundi pour «un blocage temporaire» de ces plateformes, «ciblé sur les territoires où se déroulent les émeutes». Il a évoqué «des points de convergence qui se font via les réseaux sociaux» et «un mimétisme qui s’organise».

 

De son côté, le candidat social-démocrate Raphaël Glucksmann a appelé à «rendre responsables» les plateformes en ligne, considérant qu’elles «génèrent une émulation».

 

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Les représentants des plateformes doivent être reçus mardi par la ministre déléguée au Numérique, Anne Le Hénanff. Celle-ci a annoncé sur X vouloir «faire le point sur la situation et définir ensemble les actions à engager», sans préciser la liste des réseaux conviés.

 

Un blocage sous conditions
 

En 2025, le Conseil d’État avait jugé «illégal» le blocage de TikTok ordonné par le gouvernement lors des émeutes en Nouvelle-Calédonie, un an plus tôt. La plus haute juridiction administrative française avait estimé que cette mesure avait porté «une atteinte disproportionnée à la liberté d’expression, à la liberté de communication des idées et opinions et à la liberté d’accès à l’information».

 

 

Des manifestants au milieu des gaz lacrymogènes tirés par les forces de l’ordre lors d’une mobilisation lycéenne contre les mauvaises conditions d’enseignement, à Paris, le 13 octobre 2026. Photo: Lou Benoist / AFP.

 

 

Le Conseil d’État avait toutefois reconnu qu’en cas de «circonstances exceptionnelles», une telle interruption pouvait être légale à trois conditions: être indispensable pour faire face à des événements d’une particulière gravité, ne pouvoir être remplacée immédiatement par d’autres mesures techniques et être prise «pour une durée limitée nécessaire à la recherche et la mise en place de ces mesures alternatives».

 

Selon une source policière, les services de renseignement estiment que «TikTok a eu un impact très important sur le mouvement» du week-end, tout comme la messagerie Telegram.

 

Toujours d’après cette source, ces effets ont été constatés «à la fois avant, et aussi pendant la journée de samedi, ce qui donne le sentiment d’organisations des actions». Elle attribue à TikTok un rôle d’«accélérateur».

 
Une génération née avec internet

 

Les vidéos en direct sur TikTok ou X, comme les «stories» d’Instagram ou de Snapchat — des photos ou de brèves vidéos visibles pendant une durée limitée —, permettent aux images de circuler rapidement auprès d’une large audience.

 

Le mouvement de contestation a également vu émerger ses propres outils, dont le site collaboratif 17octobre.app, destiné à répertorier les groupes de manifestants et la présence des forces de l’ordre.

 

L’utilisation des réseaux sociaux dans les mouvements de contestation n’a toutefois rien de nouveau, nuance Paolo Stuppia, chercheur et coauteur de Géopolitique de la jeunesse. Il rappelle le recours à ces «outils d’organisation» et de discussion lors des Printemps arabes et des manifestations à Hong Kong en 2019.

 

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Les mouvements français actuels sont cependant «particulièrement investis par des jeunes (...) nés avec internet», poursuit-il. «Disons qu’ils ont vraiment grandi avec les réseaux sociaux (...) donc, évidemment, ça change par rapport à des groupes de gilets jaunes».

 

Pour Louise Michel, chercheuse doctorante au Centre d’analyse des médias (CARISM) de l’Université Paris-Panthéon-Assas, «les réseaux sociaux ont plutôt permis d’amplifier la mobilisation, en créant (...) une sorte d’effervescence collective en amont» du 17 octobre.

 

Un rôle difficile à mesurer

 

L’impact concret des plateformes sur les dégradations du week-end reste néanmoins plus difficile à évaluer.

 

Les contenus liés aux dégradations ont été «très minoritaires»: ils représentaient 5% des messages analysés sur le réseau social X, selon l’outil d’analyse Visibrain.

 

Contacté par l’AFP, Snap, l’éditeur de Snapchat, a assuré n’avoir identifié «aucun élément indiquant que les contenus partagés publiquement (...) aient été utilisés pour coordonner des actes de violence ou inciter d’autres personnes à y participer».

 

Également sollicité, TikTok n’a pas fait de commentaire.

 

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Une analyse complète des messages et des contenus liés à ces mouvements demeure, à ce stade, impossible. Plusieurs réseaux sociaux et messageries disposent de canaux privés, plus ou moins hermétiques.

 

Certains groupes semblent néanmoins toujours actifs. Lundi, sur un canal de discussion réunissant 200 personnes que l’AFP a pu consulter, plusieurs internautes ont évoqué la préparation d’un regroupement dans un centre commercial de la région parisienne.

 

L’Arcom, le régulateur du numérique, a indiqué à l’AFP être «en lien étroit avec les plateformes» et leur avoir demandé de «lui indiquer les mesures prises face à cette situation inédite».