Volkswagen accusé «d’esclavage» au Brésil, bientôt aussi en Chine?

Des voitures Volkswagen sont transportées par rail sur le site de production du constructeur automobile allemand à Emden, le 20 mai 2022. Photo: David Hecker pour l’AFP.

Mardi le 31 mai 2022, à 17:00

Volkswagen est accusé «d’esclavage» au Brésil pour des violations des droits humains qui auraient eu lieu entre 1974 et 1986. Au même moment, le groupe est pointé du doigt pour ses activités dans la région chinoise du Xinjiang.


Le 14 juin prochain, le deuxième plus grand constructeur automobile du monde est convoqué devant un tribunal de la capitale de Brasilia pour faire face à des accusations «d’esclavage» en lien avec du «trafic humain».
 
Les événements dont Volkswagen est accusé par la justice locale se seraient produits entre 1974 et 1986 durant la dictature militaire, laquelle s’est échelonnée de 1964 à 1986.


Des centaines de travailleurs concernés 

 
À cette période, le groupe Volkswagen avait entrepris d’aménager un vaste site agricole sur les rives de l’Amazone consacré à l'élevage bovin. Des centaines de travailleurs avaient été embauchés par des intermédiaires près du régime pour mener des travaux de déforestation couvrant 70 000 hectares. 

Après avoir consulté plus de 2000 pages de témoignages et de rapports de police, des médias locaux ont conclu qu’un grand nombre de travailleurs avaient été maltraités en plus d’avoir fait l’objet d’une surveillance constante de la part de gardes armés. 

Depuis plusieurs années, des ex-salariés de Volkswagen réclamaient d’être indemnisés pour les mauvais traitements dont ils disent avoir été victimes. 

Des témoignages font notamment état de disparitions suspectes, de viols et de camps de travailleurs touchés par la malaria.

Un porte-parole de l’entreprise allemande a assuré que le groupe prenait cette affaire «très au sérieux» et examinait de près toutes les allégations.

 

Xinjiang: le groupe allemand sur la sellette


Ce développement survient alors que le constructeur allemand est critiqué pour l’opération d’usines dans la région du Xinjiang en collaboration avec le constructeur automobile chinois SAIC Motor.
 
De nombreux observateurs estiment que Pékin mène dans la région une politique de répression rimant avec le non-respect des droits de la minorité ouïgoure. 
 
Plusieurs études font état de travail forcé et de «camps de rééducation» concernant au moins un million de membres de la minorité musulmane. 

Le 28 mai dernier, la presse a dévoilé que le gouvernement allemand avait refusé de soutenir des investissements en Chine en raison des violations des droits humains observées dans le Xinjiang. Selon divers médias allemands, cette décision concerne directement les activités de Volkswagen dans l’Empire du Milieu.
 
Fin juin 2021, Washington a sanctionné cinq entreprises chinoises impliquées dans le travail forcé au Xinjiang.