Régulation des algorithmes: PSPP doit préciser sa pensée

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, entouré de membres de son équipe le 22 janvier 2025. Photo: page Facebook officielle de PSPP.

Jeudi le 23 janvier 2025, à 10:45

PSPP propose de faire intervenir les États dans la régulation des algorithmes pour contrer la «désinformation», mais sa réflexion doit être approfondie. Comment exiger la transparence des plateformes tout en garantissant la liberté d’expression?

 

Dans une récente intervention au podcast Ian & Frank, Paul St-Pierre Plamondon (PSPP), chef du Parti québécois, a exprimé sa volonté de voir les gouvernements intervenir dans la régulation des algorithmes des grandes plateformes.

 

Selon lui, une telle intervention est essentielle pour contrer la «désinformation» et réduire la «polarisation» qui, affirme-t-il, menace la qualité des débats publics et le fonctionnement de la démocratie.

 

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PSPP a notamment critiqué l’emprise des grandes entreprises technologiques comme Meta et X, qui, selon lui, priorisent des contenus sensationnalistes pour maximiser les clics.

 

Il affirme que ce modèle, guidé uniquement par des intérêts commerciaux, encourage la propagation de fausses informations et alimente les tensions. «Ce n’est pas de la liberté d’expression pure quand le marché détermine seul comment les algorithmes sont bâtis», a-t-il déclaré.

 

Vision étatiste

 

PSPP réagissait sur le vif aux questions de ses interlocuteurs, ce qui implique que ses réponses ne reflètent pas nécessairement sa position officielle et celle du parti sur le sujet.

 

 

PSPP doit proposer des garde-fous très clairs pour garantir la liberté d’expression s’il persiste à réclamer une intervention des gouvernements dans la régulation des algorithmes.

 

 

Il n’en demeure pas moins qu’il a mis l’accent sur la responsabilité des entreprises privées dans la gestion des algorithmes, sans approfondir le rôle que peuvent jouer les gouvernements dans la désinformation et la censure. 

 

Cette omission est pour le moins surprenante dans le contexte des révélations des Twitter Files aux États-Unis et de la lettre adressée en août 2024 par Mark Zuckerberg au Congrès américain, qui ont mis en lumière l’ingérence directe et décomplexée de Washington dans la censure des contenus en ligne.

 

Les souverainistes se tirent dans le pied

 

En se concentrant sur les géants technologiques et les dangers de leur monopole, PSPP semble faire preuve d'une certaine naïveté en accordant une confiance implicite aux États pour encadrer les débats publics.

 

Cette posture est d'autant plus étonnante pour un souverainiste, car si Ottawa peut intervenir sur les réseaux sociaux, rien ne garantit qu’il se privera de ces outils pour freiner le mouvement souverainiste québécois. Le danger que des mécanismes de censure soient utilisés par le fédéral pour museler des discours contraires à ses intérêts est bien réel.

 

L’histoire a montré que des interventions gouvernementales visant prétendument à protéger le bien commun peuvent servir à marginaliser des idées divergentes. 

 

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La régulation des algorithmes est un enjeu complexe et délicat nécessitant beaucoup de doigté.

 

PSPP doit proposer des garde-fous très clairs pour garantir la liberté d’expression s’il persiste à réclamer une intervention des gouvernements dans la régulation des algorithmes.

 

Par exemple, exiger une plus grande transparence des plateformes sur leurs pratiques de modération, instaurer des mécanismes d’audit indépendants, et définir les limites de l’intervention étatique dans ces processus.

 

Une réflexion inachevée 

 

La prise de position de PSPP soulève des problèmes concrets liés aux impacts et à la gestion des réseaux sociaux, mais elle reste incomplète. 

 

Pour s’imposer comme une voix forte et lucide sur cette question, le chef du PQ doit affiner sa réflexion et prendre conscience du rôle joué par les États dans la manipulation de l'opinion publique.