Dimanche dernier, la candidate de gauche Claudia Sheinbaum est devenue la toute première présidente élue du Mexique. Notre rédacteur en chef Jérôme Blanchet-Gravel analyse la signification de cette élection historique.
«Il y a beaucoup d’enthousiasme, mais pas autant que lorsque López Obrador a été élu il y a six ans», résume d’entrée de jeu Jérôme Blanchet-Gravel, pour qui l’élection de Claudia Sheinbaum, ce 2 juin, s’inscrit «sous le signe de la continuité».
Spécialiste du Mexique, il voit dans cette seconde grande victoire de MORENA une forme de «revanche des classes populaires sur les médias oligarchiques», dans un pays marqué par de fortes inégalités ethnoculturelles héritées de la colonisation espagnole.
L’écrasante majorité des médias mexicains restent ouvertement hostiles à ce jeune parti de gauche, qui fait craindre aux milieux riches – dont les représentants ont pour la plupart le teint pâle – une certaine «vénézualisation du pays».
Parachever la «Quatrième transformation»
Le programme de la protégée d’AMLO, «c’est de consolider ce qu’on appelle la Quatrième transformation», c’est-à-dire «le fameux projet de son prédécesseur qui vise à parachever – c’est extrêmement ambitieux pour ne pas dire mégalomane – les trois grands épisodes révolutionnaires de l’histoire du pays: l'Indépendance, la Réforme et la Révolution».
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«MORENA, c’est un parti de gauche populiste, ce n’est pas un parti de gauche mondialiste», explique notre journaliste. «On est loin du Parti libéral du Canada et des wokes en Occident… En Amérique latine, il y a encore une gauche plus traditionnelle».
Des «défis immenses»
Pour l'auteur du livre Un Québécois à Mexico, les niveaux alarmants de violence sont le principal défi que devra relever la nouvelle présidente de 61 ans. Durant son mandat de six ans, López Obrador n’est jamais vraiment parvenu à contenir l'expansion du crime organisé, appliquant plutôt une politique controversée «d'ouverture» envers les cartels.
Au moins 33 000 homicides sont enregistrés chaque année depuis 2017. Chaque jour en moyenne, 14 enfants disparaissent au pays de Frida Kahlo, un phénomène en bonne partie attribuable à des réseaux pédocriminels.
«Les Mexicains vivent avec la peur, c’est-à-dire celle de voir des gens disparaître carrément dans leur entourage. […] Comment freiner la violence et l’emprise du crime organisé? C’est une très bonne question».
Voir l’entrevue vidéo complète avec Jérôme Blanchet-Gravel.










