Le 14 septembre dernier, Libre Média a consacré un direct sur Facebook aux grands défis du monde universitaire. En moins de 12 heures, plus de 10 000 personnes avaient déjà visionné le débat. En rediffusion, voici l’échange animé par Joël Monzée.
Vous avez certainement tous entendu parler de l’affaire Patrick Provost. Qui ne se souvient pas de l’autre affaire, celle de Stéphan Bureau qui a interviewé le professeur Didier Raoult?
Ou encore celle de Radio X qui fut critiquée pour avoir donné la parole à des contestataires des mesures sanitaires et perdit, au passage, plusieurs commanditaires?
Comprendre le contexte pour éviter les pièges
Je ne rencontre aucune difficulté avec les médias traditionnels. Certaines critiques les visant sont légitimes, mais d’autres relèvent plus de l’émotionnel que du factuel.
Cela fait 25 ans que je réponds aux questions de nombreux journalistes, recherchistes et animateurs. Je les respecte, et ce, même si je n’ai pas nécessairement la même compréhension des choses que certains d’entre eux ou que je me suis senti interpellé par des choix parfois surprenants sur le plan éditorial depuis le début de la crise sanitaire.
Quoi qu’il en soit, nous avons tous des angles morts Libre Média aussi. Il serait illusoire de croire qu’un groupe pourrait échapper aux risques de biais cognitifs qui altèrent la manière d’analyser les faits. Il nous faut donc réfléchir, seuls et collectivement, pour identifier nos défis.
Dans tous les cas, il y a un contexte. Et ce contexte, il nous faut le comprendre pour amener plus d’éthique, c’est-à-dire une réflexion sur ce qui a été fait pour éviter de reproduire des stratégies qui nuisent au bien commun.
Je ne peux m’empêcher de faire un parallèle entre le monde médiatique et le milieu scientifique. Dans ces deux univers, il y a un péril commun: «on ne mord pas la main qui nous nourrit».
La dépendance financière dicte-t-elle les sujets traités?
Dans les médias, c’est autant le nombre de clics qui légitime une approche parfois trop sensationnaliste. Celui-ci génère un attrait pour des commanditaires. Et l’entreprise devient dépendante des sommes investies par des entreprises désirant une visibilité optimisée, alors que le média veut maintenir une excellente couverture de l’information.
La peur de déplaire à l’une d’elles est forte. C’est une question de survie, alors que les lecteurs ou spectateurs veulent un accès gratuit. Conséquemment, on peut se demander si les journalistes sont toujours libres de partager leurs découvertes.
C’est une des raisons pour lesquelles nous avons besoin que vous deveniez membres de notre plateforme d’information sur libremedia.ca, car votre implication est essentielle pour assurer notre survie.
Je tiens à dire que, depuis le début de cette aventure, ma contribution est entièrement bénévole. Nous avons toutefois besoin de votre implication pour soutenir l’équipe technique et les journalistes…
Les défis dans le milieu universitaire
Bref, qu’en est-il dans le monde universitaire? Est-ce que la liberté des scientifiques est vraiment brimée, voire menacée? Est-ce seulement pour des questions liées à la crise sanitaire?
Est-ce que d’autres thèmes sont abordés avec la peur de représailles, comme les chercheurs qui s’intéressent aux différentes morphologiques du cerveau, selon le sexe de la personne?
C’est ce dont nous allons discuter avec nos trois invités : Lucie Mandeville, Patrick Provos et Didier Réolon.
Mes invités
Psychologue pendant 25 ans, Lucie Mandeville est auteure et conférencière. Professeure retraitée de l'Université de Sherbrooke, elle est l'une des principales références au Québec concernant la psychologie positive. Après avoir écrit trois best-sellers sur le bonheur, elle a rédigé un conte philosophique portant sur l'existence.
Durant l’été 2020, elle a vécu une mise à l’écart d’un média pour avoir exposé, dans sa chronique, les défis de l’OMS pour conserver son indépendance scientifique. Fait particulier, elle vient de passer deux ans en Suède et elle a vécu la crise sanitaire d’une manière bien différente de ce que nous avons vécu au Québec, en France ou en Belgique.
Biochimiste expert mondialement reconnu en biologie moléculaire et cellulaire, Patrick Provost est Professeur titulaire au Département de Microbiologie-infectiologie et immunologie de la Faculté de médecine de l’Université Laval, et chercheur au Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval depuis 2001.
Ses travaux actuels visent à améliorer notre compréhension des mécanismes moléculaires des ARN non codants dans le contexte de la santé, de la nutrition et des maladies. Est-il nécessaire de rappeler qu’il a été suspendu de son université pour avoir demandé qu’on ouvre un débat scientifique sur l’usage des produits contenant de l’ARNm?
Ses travaux actuels visent à améliorer notre compréhension des mécanismes moléculaires des ARN non codants dans le contexte de la santé, de la nutrition et des maladies. Est-il nécessaire de rappeler qu’il a été suspendu de son université pour avoir demandé qu’on ouvre un débat scientifique sur l’usage des produits contenant de l’ARNm?
Directeur des ventes d’une entreprise québécoise, Didier Réolon est spécialisé en marketing, mais il est aussi philosophe. Il avait été un de mes conférenciers lors du colloque que j’ai organisé en 2019 sur les défis rencontrés par nos jeunes.
Sa conférence avait coupé le souffle des 800 participants quand il expliqua comment les entreprises prenaient le contrôle des choix de vie de nos jeunes en regard du numérique. Depuis, il a animé trois épisodes d’une série d’émissions WebTV mettant en lumière les enjeux pour la Société d’une science sans conscience.
Sa conférence avait coupé le souffle des 800 participants quand il expliqua comment les entreprises prenaient le contrôle des choix de vie de nos jeunes en regard du numérique. Depuis, il a animé trois épisodes d’une série d’émissions WebTV mettant en lumière les enjeux pour la Société d’une science sans conscience.










