Un scrutateur d’une circonscription de l’Estrie a confié à Libre Média qu’une erreur informatique pourrait être à l’origine de l’impossibilité pour des milliers d’électeurs répartis dans tout le Québec d’exercer leur droit de vote, le 3 octobre.
«C’est environ une personne sur 75 qui semble avoir complètement disparu de la liste électorale la journée du 3 octobre dernier», laisse tomber un scrutateur anonyme d’une circonscription de la région administrative de l'Estrie travaillant pour Élections Québec depuis une quinzaine d’années.
Disant vouloir faire son «devoir de citoyen» en divulguant ces informations, l’individu a aussi accumulé plusieurs années d’expérience à titre d’employé et de directeur du recrutement d’Élections Canada.
Une erreur informatique de grande ampleur?
En entrevue avec Libre Média, il estime que le résultat de plusieurs circonscriptions pourrait avoir été influencé par une erreur informatique ayant affecté des citoyens de manière aléatoire. Aucun profil d’électeur n’aurait donc été ciblé par ce bogue (âge, allégeance politique supposée, sexe, profession, origines ethniques, etc.).
«Tous ces gens n’avaient rien en commun outre le fait d’afficher un immense étonnement puisqu’ils n’avaient ni déménagé ni fait un quelconque changement que ce soit à leur dossier. Ces gens m’ont tous informé qu’ils avaient pourtant bel et bien voté aux dernières élections provinciales d’il y a quatre ans et aux dernières élections fédérales et municipales.»
Des résultats non représentatifs?
Dans les circonscriptions où le parti gagnant l’a emporté avec une mince avance, le résultat final pourrait ainsi ne pas être entièrement représentatif du choix de la population, selon l’individu, qui assure que plusieurs autres personnes intégrées au processus électoral ont été témoins de ces irrégularités «flagrantes».
«J’ai toujours eu une confiance absolue envers notre système démocratique… jusqu’à ce jour. […] Dans mon seul petit bureau de vote, plus de 50 personnes ont disparu de la liste électorale et de ce fait, à titre de PRIMO [préposé à l’information et au maintien de l’ordre, ndlr], j’ai dû suivre les règles électorales et donc priver tous ces gens de leur droit de vote», explique-t-il.
Tel que le rappelle Radio-Canada, «les préposés à l'information et au maintien de l'ordre (PRIMO) supervisent les opérations dans les lieux de vote, accueillent les électrices et les électeurs, les dirigent vers leur bureau de vote et veillent au bon déroulement des jours de vote.»
Dans la circonscription de l’Estrie où il a exercé ses fonctions, notre interviewé a fait part «personnellement» des anomalies qu’il a observées au directeur de scrutin, sans réaction de sa part sur la manière d’intervenir pour corriger ou non la situation.
«Dans l’ensemble des bureaux de vote dans l’ensemble du Québec, des gens ont purement et simplement disparu de la liste électorale. […]. Je n’adhère pas aux théories du complot et je ne soutiens aucun parti politique. Je ne pense pas qu’il y ait une intention derrière tout ça. Je ne parle pas de fraude. Je crois seulement qu’il y a eu une erreur informatique au niveau d’Élections Québec.»
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Après avoir vérifié son identité et son rôle à Élections Québec et à Élections Canada, Libre Média s’est engagé auprès de la personne concernée à ne pas divulguer son nom pour des raisons de confidentialité et de respect de la vie privée.
Témoignages sur les réseaux sociaux
Sur les réseaux sociaux, le témoignage de nombreux citoyens affirmant n’avoir pas pu voter pour diverses raisons d’ordre administratif plaide en la faveur des observations du scrutateur.
Libre Média a recueilli le témoignage d’une dizaine de ces électeurs interrompus dans leur élan le 3 octobre. Certains parlent d’un récent changement d’adresse comme raison évoquée par les responsables du bureau de vote, d’autres affirment ne pas avoir obtenu de motif clair de la part de ces derniers comme justification.
Des membres du personnel auraient aussi signifié à un certain nombre d’électeurs qu’ils avaient déjà voté par anticipation, alors que ce n’était pas le cas.
Plus de détails pourraient suivre.











